Les échanges de cette semaine ont été dominés par les problèmes budgétaires et de plafond de la dette auxquels sont confrontés les États-Unis. Lundi et mardi, l'or s'est progressivement raffermi jusqu'à 1 330 $, avant de reculer jusqu'à un point bas de 1 282 $ jeudi soir, heure du Royaume-Uni. L'argent a mieux résisté : parti de 21,70 $ en début de semaine, il a atteint un plus haut de 22,45 $ avant de reculer avec l'or, pour une légère perte nette à la date d'hier soir.
Par ailleurs, le sentiment sur les marchés de capitaux occidentaux est globalement baissier pour l'or, en raison de son évolution technique. Le cours n'a récemment pas réussi à franchir l'offre en surplomb à 1 350 $, puis n'a pas trouvé de support à 1 320 $ ni à 1 300 $. Le sentiment baissier suscite généralement des commentaires négatifs, et la balance des paiements indienne de septembre, publiée en début de semaine, a obligeamment affiché une nette amélioration due à la baisse des importations d'or.
Cependant, le blocage des expéditions d'or par les douanes indiennes, en raison des nouvelles règles édictées par la Reserve Bank, a déjà été largement relaté ; ce n'est donc pas une nouveauté. Ce qui n'a pas été rapporté, c'est la hausse de la contrebande d'or, impossible à chiffrer ; or c'est précisément la contrebande à grande échelle de l'or qui avait conduit à libéraliser le marché indien dans les années 1990.Pendant ce temps, la Chine continue d'adopter une approche plus libérale, et sa banque centrale a indiqué qu'elle prévoyait de délivrer davantage de licences d'importation d'or en temps utile. Comme indiqué dans le rapport sur le marché de la semaine dernière, la demande chinoise absorbe déjà l'ensemble de la production minière mondiale hors Chine et semble appelée à croître encore.
La fermeture partielle de l'administration américaine a interrompu certains aspects de la régulation des marchés, notamment les rapports hebdomadaires Commitment of Traders et le rapport d'octobre sur la participation des banques (Bank Participation Report), tous deux publiés par la CFTC. Les marchés naviguent donc à l'aveugle faute de données statistiques, et ce vendredi sera le deuxième sans cette information.
Enfin, la nomination de Janet Yellen à la présidence de la Fed a été largement saluée comme un remplacement judicieux. Elle devrait poursuivre la politique de Bernanke et se montrer plus accommodante ; il semble donc peu probable que le « tapering » du QE intervienne prochainement.
La semaine prochaine
Semaine calme en termes d'annonces, tous les regards étant tournés vers le bras de fer budgétaire et sur le plafond de la dette aux États-Unis. Les statistiques américaines prévues lundi sont reportées de la semaine dernière et ne seront publiées que lorsque les services statistiques gouvernementaux concernés auront repris leur activité.
Lundi : zone euro : production industrielle. États-Unis : créations d'emplois non agricoles, indice des prix à la production (PPI), ventes au détail, balance commerciale, chômage, stocks des entreprises, commandes à l'industrie.
Mardi : Japon : taux d'utilisation des capacités de production, production industrielle (chiffre définitif). France : indice des prix à la consommation (IPC). Royaume-Uni : IPC, prix des intrants, prix de production. Zone euro : indice ZEW du climat économique. États-Unis : enquête Empire State.
Mercredi : Royaume-Uni : salaires moyens, taux de chômage selon l'OIT. Zone euro : indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), balance commerciale. États-Unis : IPC.
Jeudi : zone euro : balance courante. Royaume-Uni : ventes au détail. États-Unis : permis de construire, mises en chantier, demandes initiales d'allocations chômage, taux d'utilisation des capacités de production, production industrielle, enquête de la Fed de Philadelphie.
Vendredi : États-Unis : indicateur avancé.