Rapport de marché : rééquilibrage des fonds passifs sur matières premières

Cette semaine, les cours de l'or et de l'argent ont reculé par rapport à leurs plus hauts initiaux, supérieurs respectivement à 1 240 $ et 20,20 $, pour trouver un bon support à 1 220 $ et 19,40 $. Le premier coup porté au cours de l'or est intervenu lundi, lorsqu'un important ordre de vente l'a fait chuter brièvement de 2 % à 1 215 $ ; après une suspension des échanges de dix secondes, le cours a immédiatement regagné la totalité de la perte. Le lendemain, une autre attaque baissière a fait redescendre l'or pour tester le niveau de 1 220 $, qui a tenu. Il semblerait donc que le niveau de support soit remonté de 20 $ par rapport à celui de 1 200 $.

S&P, qui administre les deux principaux indices de matières premières suivis par des fonds passifs totalisant 155 milliards de dollars, a annoncé les modalités du rééquilibrage annuel. Les fonds investiront ainsi 1,1 milliard de dollars supplémentaires dans l'or, soit l'équivalent d'environ 9 200 contrats Comex sur une semaine à compter de mercredi dernier ; d'après les informations disponibles, j'estime à 3 845 le nombre de contrats sur l'argent. De plus amples détails sont disponibles ici.

Le résultat net devrait être un léger biais haussier pour les deux métaux, mais il reste à voir si cette demande supplémentaire peut entraîner de nouvelles hausses de prix. J'ai le sentiment que les marchés touchent le fond face à une opinion baissière unanime dans la presse spécialisée, et les liens automatiques entre les autres marchés, appétit pour le risque ou aversion au risque, etc., semblent évoluer.
La meilleure façon de juger ces relations est peut-être de suivre la réaction des métaux précieux aux publications statistiques, en particulier aux chiffres hebdomadaires du chômage. Le taux principal est toujours perçu comme une occasion pour les teneurs de marché, dont la majorité détient une position vendeuse, de faire baisser l'or et l'argent. Cela réussit généralement à déclencher des ordres stop et encourage les vendeurs à étendre leurs positions.

On recommence. Les créations d'emplois non agricoles publiées aujourd'hui sont attendues à 190 000 et le taux de chômage à environ 7 %. Si ce dernier ressort sous les 7 %, cela pourrait constituer un test important pour les cours des métaux précieux.

Les vendeurs du Comex pensent sans doute qu'il reste encore beaucoup d'acheteurs à déloger. Si tel est le cas, ils ignorent l'autre information contenue dans l'annonce de rééquilibrage de S&P : les investisseurs passifs des deux fonds de matières premières détiennent 95 555 contrats à terme sur l'or et, selon mon estimation, 37 476 sur l'argent, soit l'équivalent de l'ensemble des contrats longs de la catégorie Managed Money au Comex.

Il semble que ces fonds indiciels de matières premières aient fait l'objet de liquidations ces derniers mois : S&P estime que l'ensemble des encours, dominé par les fonds indiciels mentionnés ci-dessus, atteignait encore environ 240 milliards de dollars en novembre dernier. Le dénouement de ces fonds a donc peut-être pesé ces derniers mois sur les prix des matières premières en général, ainsi que sur ceux de l'or et de l'argent.

La semaine prochaine

Lundi.

États-Unis : déficit budgétaire
Japon : données sur les prêts bancaires, déficit de la balance courante.

Mardi.

Royaume-Uni : IPC, prix des intrants, prix des logements de l'ONS, prix à la production
Zone euro : production industrielle.
États-Unis : indice des prix à l'importation, ventes au détail, stocks des entreprises.
Japon : masse monétaire M2, enquête Economy Watchers.

Mercredi.

Zone euro : balance commerciale.
États-Unis : IPP, enquête Empire State.
Japon : commandes de machines-outils clés.

Jeudi.

Zone euro : IPCH (définitif).
États-Unis : IPC, inscriptions hebdomadaires au chômage, enquête de la Fed de Philadelphie.

Vendredi.

Japon : confiance des consommateurs.
Royaume-Uni : ventes au détail.
États-Unis : permis de construire, mises en chantier de logements, taux d'utilisation des capacités de production, production industrielle.

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