Rapport sur le marché de l'or : les cours des métaux précieux continuent de former une base

Les cours des métaux précieux continuent de former une base, et les indices d'une pénurie de métal physique se multiplient. À Londres, les taux à terme de l'or (GOFO) demeurent négatifs, ce qui signifie que le marché vous rémunère davantage sur votre or que sur vos dollars. Le GOFO nous indique que la forte demande de métal physique en provenance d'Asie a vidé le marché londonien.

Le graphique du GOFO à un mois, couvrant la période antérieure à la crise bancaire, figure ci-dessous.

GOFO

Avant la crise bancaire, le GOFO était positif et a culminé à 5,3 % en août 2007, ce qui reflétait un LIBOR de 5,6 % et une prime de 0,3 % du LIBOR sur le taux de location de l'or. Cela est normal. Lorsque la crise bancaire a éclaté et que la Fed a ramené ses taux à zéro, le LIBOR à un mois est tombé à 1,4 % le 20 novembre 2008, et le GOFO à un mois est devenu négatif pendant trois jours consécutifs, le GOFO à deux mois l'étant pendant deux de ces jours.

L'effondrement du GOFO a coïncidé avec la fin d'une baisse de 20 % du cours de l'or, marquant le début du marché haussier qui a suivi, au cours duquel le prix de l'or a plus que doublé. Aujourd'hui, le cours de l'or a lui aussi subi une chute et le GOFO est négatif depuis neuf jours, ce qui indique un niveau de tension sur les prix supérieur à celui des heures sombres de la crise bancaire. De plus, le GOFO est cette fois négatif de façon persistante jusqu'à trois mois, ce qui signale que la pénurie de métal précieux livrable est plus aiguë qu'en novembre 2008.

Si le marché à terme de Londres montre des signes de tension, il en va de même du marché des contrats à terme du Comex, où les stocks des entrepôts sont dangereusement bas. La conjonction des deux, avec les positions vendeuses publiquement recensées sur le Comex, forme un mélange explosif.

Les vendeurs à découvert de type Managed Money sur le Comex (principalement des fonds spéculatifs) semblent totalement ignorer un piège que même un trader débutant reconnaîtrait. Les acheteurs ont survécu à plusieurs séries éprouvantes d'appels de marge et peuvent donc être considérés comme inébranlables, et les banques de métaux précieux sont désormais acheteuses nettes, ce qui est très inhabituel. Les seuls spéculateurs sont les vendeurs, dont les fonds spéculatifs constituent la plus importante catégorie identifiable, et ils ne pourront pas clôturer leurs positions à des prix proches des niveaux actuels.

Le Daily Telegraph britannique a récemment publié un article rédigé par un gérant de fonds spéculatif établi au Royaume-Uni, qui concluait que la juste valeur de l'or est de 240 dollars l'once. Si ce raisonnement est partagé par les autres « maîtres de l'univers » (ainsi que l'on appelait jadis les gérants de fonds spéculatifs), il explique leurs actions.

On disait autrefois à la Bourse de Londres : « Where there's a tip there's a tap » (« derrière un tuyau se cache un robinet »). Autrement dit, si quelqu'un vous conseille d'acheter ou de vendre quelque chose, il défend son propre intérêt. C'est une assez bonne règle empirique.

Mon propre intérêt ? Je m'efforce de m'en tenir aux faits. Les opinions des économistes et des traders sont à repérer et à éviter. Je vous suggère de lire l'article du Telegraph dans cette optique.

La semaine prochaine

La semaine prochaine sera très calme en matière de publications de données économiques. Les voici.

Lundi : ventes de logements existants aux États-Unis
Mardi : approbations de prêts hypothécaires de la BBA. Indice des prix de l'immobilier de la FHFA aux États-Unis.
Mercredi : PMI composite flash de la zone euro, tendances industrielles du CBI au Royaume-Uni. PMI manufacturier flash et ventes de logements neufs aux États-Unis.
Jeudi : masse monétaire M3 de la zone euro. PIB du Royaume-Uni (première estimation), indice des services. Commandes de biens durables et demandes initiales d'allocations chômage aux États-Unis.
Vendredi : rien de significatif.

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