Cette semaine restera marquée par la crise bancaire chypriote, et peut-être par l’avertissement qu’elle a adressé aux déposants des banques.
Quelle que soit l’angle d’analyse, la maladroite tentative de taxer les déposants et de présenter Chypre comme une plaque tournante du blanchiment des produits du crime et de l’évasion fiscale russes s’est retournée contre ses auteurs. Pour ceux qui s’intéressent aux métaux précieux, il sera intéressant de voir dans quelle mesure les résidents de la zone euro comprennent qu’il n’est pas judicieux de placer tout leur argent dans un système bancaire fragile, et de voir également la réaction de tous ces milliards russes qui ne sont pas réellement bloqués dans les dépôts bancaires chypriotes.
Cette crise survient à un moment de pénurie de métal précieux physique, ce qui constitue une difficulté malvenue pour les banques de métaux précieux qui gèrent des positions vendeuses. Jusqu’à présent, elles ont réussi, avec un certain succès, à contenir les cours, ce qui a limité la hausse de l’or à moins de 2 % la semaine dernière, alors qu’elle aurait pu être bien supérieure.
À en juger par l’intérêt ouvert quotidien et l’évolution des cours, il semble que les fonds spéculatifs aient pu clôturer leurs positions vendeuses sans que les banques de métaux précieux tentent de les prendre à revers. C’est sage, car un « bear squeeze » pendant la fermeture des banques chypriotes aurait facilement pu dégénérer en panique acheteuse, propulsant le cours de l’or et laissant les banques de métaux précieux avec des pertes substantielles. Toutefois, le bond assez important de l’intérêt ouvert hier soir (7 218 contrats) pour une légère baisse du cours laisse penser que de nouveaux acheteurs accumulent des positions à ces niveaux.
L’argent est resté en retrait, en partie parce qu’il est dans l’ombre de l’or, et en partie parce que les Européens inquiets doivent payer la TVA sur leurs achats d’argent en métal précieux (sauf s’ils achètent par l’intermédiaire de GoldMoney, auquel cas la TVA ne s’applique pas). Les banques de métaux précieux se sont satisfaites d’éviter une volatilité inutile, tout en parvenant à réduire leurs positions vendeuses par rapport aux extrêmes récents. La dynamique sous-jacente de l’argent est positive : la thésaurisation continue du métal physique rend le marché papier excessivement dépendant des ventes à terme des producteurs et des raffineurs.
La semaine à venir
Les optimistes espèrent sans doute que les banques chypriotes rouvriront mardi, que la BCE garantira la stabilité et que nous pourrons reléguer cet épisode désagréable au passé. Les opérateurs plus prudents considéreraient comme un miracle que la moindre banque chypriote rouvre. De fait, il semble bien que la crise soit à ses débuts plutôt qu’à son terme.À l’approche de la pause de Pâques, les annonces dignes d’intérêt sont peu nombreuses. Les voici, pour ce qu’elles valent.
Lundi : prix de l’immobilier Nationwide (Royaume-Uni)
Mardi : commandes de biens durables (États-Unis) ; prix de l’immobilier S&P Case-Shiller ; indice de confiance des consommateurs ; ventes de logements neufs
Mercredi : déficit du compte courant et troisième estimation du PIB (Royaume-Uni) ; indice du climat des affaires dans la zone euro ; confiance des consommateurs ; sentiment économique ; IPCH. Date limite d’adoption du projet de loi de dépenses américain
Jeudi : masse monétaire M3 de la zone euro ; inscriptions initiales au chômage (États-Unis) ; PMI de Chicago
Vendredi : indice des prix PCE de base (États-Unis) ; revenus personnels ; dépenses personnelles