Rapport de marché : une pause dans la baisse

Or contre argent, mai 2017

L’or et l’argent ont trouvé des planchers temporaires cette semaine, l’or étant peu changé à 1 228 $ en début de séance européenne ce matin (vendredi), contre une clôture à 1 229,4 $ vendredi dernier. L’argent s’en est un peu mieux tiré, passant de 16,34 $ à 16,45 $ sur la même période. Toutefois, la récente chute de l’argent a été très marquée : son cours n’affiche plus que 2,6 % de hausse depuis le début de l’année, contre 6,4 % pour l’or.

En conséquence, le ratio or/argent est revenu à 75, comme le montre notre deuxième graphique.

Ratio or/argent

Les opérateurs chercheront à voir si la ligne de tendance inférieure du canal à long terme, que le ratio a franchie l’été dernier, constitue une résistance à une nouvelle hausse.

Les analystes graphiques s’intéresseront davantage à ce qui semble être une tendance baissière établie pour l’or, le cours et les deux moyennes mobiles les plus suivies reculant dans un ordre baissier. C’est l’objet de notre graphique suivant.

Or en USD

Sur le plan technique, il s’agit d’un puissant signal de vente, même si les analystes graphiques reconnaissent que ces signaux arrivent souvent tard, une grande partie de la baisse étant alors achevée. Ils admettent aussi qu’il est inhabituel qu’un actif recule pendant quinze séances sans rebond correctif raisonnable, et préviennent les opérateurs à court terme qu’il faut s’attendre à un rebond de l’or vers 1 250 $.

Les rapports sur les positions des opérateurs (commitment of traders) pour l’or et l’argent, qui ne sont pas à jour, n’indiquent pas encore de situation de survente, même si les chiffres de mardi dernier, qui doivent être publiés plus tard aujourd’hui, devraient probablement conduire à une révision. Cependant, le niveau des positions ouvertes laisse penser que l’or et l’argent sont quelque peu survendus, mais pas de façon spectaculaire. Il est présenté ci-après pour l’or.

Or Comex

Les positions ouvertes sont tombées aux niveaux bas observés ces dernières années, et proches de celui de décembre dernier.

Une autre lecture des échanges au Comex est que les banques de métaux précieux ont réussi à réduire quelque peu leurs positions vendeuses, mais peinent à toutes les clore. Compte tenu du risque géopolitique, de la demande croissante de métal précieux physique en provenance d’Asie aux prix actuels et de perspectives incertaines pour le dollar, la position privilégiée de ces banques doit être d’équilibrer leurs livres. La purge des métaux de base en Chine (évoquée dans le rapport de marché de la semaine dernière) leur a offert cette opportunité, qui ne durera pas éternellement.

C’est cette purge qui a fragilisé l’argent de façon si spectaculaire. Prendra-t-elle fin ? Oui, car la Chine sanctionne les produits de gestion de patrimoine du secteur privé qui devancent les achats de matières industrielles autorisés officiellement. La Chine profite presque certainement de l’occasion pour acheter les matières premières dont elle a besoin à ces prix plus bas, afin de satisfaire ses ambitions économiques.

C’est ce qui déconcerte les analystes graphiques. Les prix de marché sont déterminés par des facteurs plus importants que le sentiment des investisseurs que reflètent les graphiques. Par ailleurs, les pénuries de métal précieux, dues aux acheteurs de valeur au sein des banques centrales et aux Asiatiques qui considèrent l’or et l’argent comme de la monnaie, finissent toujours par gâcher la fête du Comex.

Toutefois, un ultime test des 1 200 $ pour l'or est tout à fait possible ; il s'agit d'un niveau de support historique au Comex. Quand ? Si les banques de lingots obtiennent gain de cause, ce mouvement pourrait se prolonger jusqu'à la fin juin, date de clôture de leurs comptes semestriels.

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