Rapport de marché : une force sous-jacente

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À la lecture de notre graphique introductif, il semble pour le moins étrange que, dans une année où la masse monétaire M1 du dollar américain progresse au rythme annualisé de 15 % (depuis le 1er janvier), où les taux d'intérêt restent contenus à la limite du zéro et où les effets sur les prix commencent à mettre à mal des statistiques d'inflation (IPC) soigneusement orchestrées, l'or soit inchangé depuis le début de l'année.

Cette semaine a apporté la preuve que cette situation pourrait évoluer : l'or comme l'argent ont refusé de céder du terrain malgré des attaques baissières résolues. Dans les échanges européens de ce matin, l'or s'établissait à 1 895 $, en hausse de 5 $ par rapport à la clôture de vendredi dernier, et l'argent à 28,13 $, en hausse de 33 cents sur la même période. Les niveaux de 1 900 $ et de 28 $ respectivement semblent former une ligne Maginot.

Avec un certain retard, les acteurs du marché de l'or et de l'argent prennent conscience de la nouvelle réglementation Bâle 3, qui introduit le calcul du ratio de financement stable net (NSFR). Le Comité de Bâle a finalisé cette réglementation en octobre 2014, et sa mise en œuvre aura pris sept ans. Dès la fin de ce mois, les banques de l'UE et des États-Unis commenceront à s'y conformer, et Londres l'introduira à partir de janvier prochain. À moins que la demande de la LBMA auprès du régulateur bancaire britannique, visant à exempter ses membres, ne soit acceptée, le nouveau NSFR rendra non rentable pour les banques membres de la LBMA la poursuite de leurs opérations sur l'or papier. Ces banques constituent également l'essentiel de la catégorie Swaps du Comex ; elles se retireront donc aussi de ce marché, ce qui signifie qu'elles réfléchiront à la manière de dénouer leurs positions vendeuses, dont la valeur totale est illustrée dans notre prochain graphique.
 
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La position vendeuse brute s'élève à 46 milliards de dollars et la position vendeuse nette à 34 milliards de dollars, le premier chiffre étant réparti entre 28 intervenants Swaps, soit une position brute moyenne de 1,64 milliard de dollars. L'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation n'obligera pas les opérateurs bancaires à clôturer immédiatement ces positions. Mais leurs services de trésorerie souhaiteront les voir réduire leur exposition au fil du temps, car son financement est devenu non rentable.

L'or et l'argent ne sont pas les seuls concernés. Toutes les matières premières, y compris les contrats sur l'énergie, sont également touchées. En substance, cela signifie que l'époque où les banques accroissaient l'offre de papier pour absorber une demande qui, autrement, aurait été satisfaite sur les marchés physiques touche à sa fin. Il en résultera inévitablement des marchés de matières premières et de produits dérivés moins liquides et plus volatils.

Par ailleurs, les Cornouailles subissent le cirque du G7, où les dirigeants de nations égalitaires font étalage de leurs références démocratiques et de leur sollicitude envers les moins favorisés. C'est dans cet esprit que le président Macron a déclaré lors d'une conférence de presse qu'il aimerait voir la vente de réserves d'or pour financer l'aide à l'Afrique.

Où avons-nous déjà entendu cela ? Ah, oui ! Après avoir vendu la moitié des réserves d'or de la Grande-Bretagne en 1999, Gordon Brown a doublé la mise en obtenant du FMI la vente de 403,3 tonnes d'or dix ans plus tard. Il semble qu'un intérêt croissant se manifeste désormais de la part d'organisations comme Oxfam et de The Guardian pour que le FMI vende de l'or afin d'aider les pays plus pauvres. Si le cours de l'or continue de monter, il est probable que nous assistions à davantage de pressions de ce type.







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