
L’or et l’argent continuent de se consolider dans une fourchette étroite cette semaine : l’or gagne 16 $ au total, à 1 914 $ lors des échanges matinaux à Londres, et l’argent progresse de 26 cents, à 24,27 $, sur la même période. Les volumes au Comex ont été faibles à modérés.
Sur le contrat d’octobre du Comex pour l’or, non actif, des positions longues totalisant 25 165 contrats ont été livrées, et 7 423 autres restent à livrer. En supposant que le reste soit livré, cela représente plus de 101 tonnes. Pour les banques de métaux précieux, voir des spéculateurs du Comex réclamer la livraison, en particulier sur les mois non actifs, n’est pas bienvenu. Elles regardent avec appréhension du côté de décembre, le prochain contrat actif, qui expire dans sept semaines seulement. Car le fait est que, si les banques de métaux précieux peuvent émettre autant d’or papier qu’elles le souhaitent, l’or physique qui sous-tend tout ce papier se raréfie de plus en plus.
Par ailleurs, il ne s’agit pas de ratisser les moindres recoins des chambres fortes pour trouver de l’or non réclamé à livrer contre des contrats à terme. La demande de métal physique est alimentée par une dégradation rapide des perspectives économiques mondiales, alors qu’une deuxième vague de coronavirus entraîne une nouvelle série de fermetures d’entreprises et de confinements. Fini le battage autour d’une reprise en V, remplacé par des projets visant à déverser encore plus de monnaie gonflée sur un problème qui s’aggrave.
Michael Kiley, économiste senior à la Fed, estime que 3 500 milliards de dollars supplémentaires d’assouplissement quantitatif sont nécessaires pour transformer une reprise en U (un nouveau terme édulcoré pour désigner le désastre qui se dessine) en reprise en V. Pour mettre cela en perspective, cela représente une nouvelle hausse de 63 % de la masse monétaire M1, s’ajoutant à une hausse annualisée similaire depuis le 23 mars. De toute évidence, la Fed s’est désormais fermement engagée dans une politique d’hyperinflation de la masse monétaire.
Cela pose un problème considérable aux détenteurs étrangers de dollars, et en particulier aux banques centrales dont les réserves reposent essentiellement sur le dollar. Il n’est pas difficile d’imaginer que leurs comités de politique interne jugent prudent d’accroître leurs réserves d’or, et c’est ce qu’a décidé la Reserve Bank of India. Selon le World Gold Council, la Reserve Bank of India a ajouté 33,2 tonnes entre février et août, ce qui coïncide avec la politique de relance de la Fed après mars.
D’autres banques centrales en Asie et ailleurs sont confrontées au même problème. Par ailleurs, le WGC indique que la demande du secteur privé en Inde se redresse tandis que la demande de détail faiblit, ce qui nous indique que les Indiens fortunés accumulent désormais de l’or. Cela confirme ce que nous observons au Comex. Les grandes fortunes et les family offices, l’argent « ancien », n’apprécient pas ce qu’ils voient et se détournent des monnaies fiduciaires pour se tourner vers l’or physique.
Cette évolution a pris au dépourvu les marchés de l’or papier, dont les maîtres de cérémonie sont désespérément vendeurs à découvert alors que l’offre physique diminue. Les fonds spéculatifs ne sont plus là pour servir de chair à canon à des opérations de spoofing lucratives. Le graphique ci-dessous montre comment la catégorie « Other Reportable », où se trouvent les grands capitaux privés, continue d’acheter à chaque repli.

Les banques de métaux précieux, déjà vendeuses à découvert d’un montant moyen de 1,3 milliard de dollars de contrats à terme sur l’or chacune, devraient redouter l’échéance de décembre, fin novembre, et ses conséquences pour elles. Un point d’inflexion se profile.
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article sont ceux de son ou de ses auteurs et ne reflètent pas ceux de Goldmoney, sauf mention expresse contraire. Cet article est fourni à titre d'information générale uniquement et ne constitue en aucun cas la fourniture, par Goldmoney ou par son ou ses auteurs, d'un conseil juridique, financier, fiscal, d'investissement ou comptable. Vous ne devez pas agir ni vous appuyer sur les informations contenues dans cet article sans avoir préalablement sollicité l'avis d'un professionnel indépendant. Le plus grand soin a été apporté pour s'assurer que les informations de cet article sont fiables ; toutefois, Goldmoney ne garantit pas qu'elles soient exactes, complètes ou à jour, ni qu'elles doivent être considérées comme une indication de résultats futurs, et elles ne doivent pas être utilisées comme telles. Goldmoney ne saurait être tenue responsable de toute réclamation, perte, dommage ou désagrément résultant d'une information ou d'une opinion contenue dans cet article, et toute action entreprise à la suite des opinions et informations qu'il contient l'est à vos propres risques.