Rapport de marché : toujours plus haut !

Graphique 1 04032016

L'or a connu une bonne semaine : il est sorti d'une phase de consolidation et atteint de nouveaux plus hauts pour cette année.

L'argent, resté à la traîne, semble simplement entraîné dans le sillage de l'or. Ce matin, tôt, heure du Royaume-Uni, le cours de l'or s'établit à 1 261 $, en hausse de 19 % sur l'année, tandis que l'argent, un peu mieux orienté ce matin au regard de sa récente sous-performance, s'établit à 15,30 $ et ne progresse donc que de 10,5 % sur l'année. Cette sous-performance de l'argent reste un mystère pour beaucoup ; elle s'explique probablement par le fait que les gros capitaux qui se reportent sur l'or étaient dangereusement sous-pondérés, alors que le cours de l'argent reflète encore une demande industrielle en modération. Il en résulte que le ratio or/argent dépasse désormais 82.

L'identité des acheteurs d'or est probablement une question moins importante que le simple fait que les prix montent lorsqu'il y a davantage d'acheteurs que de vendeurs. Nous sommes partis d'un niveau de pessimisme maximal, les négociateurs et les investisseurs des marchés financiers occidentaux ne détenant presque pas d'or. Sur le Comex, les opérateurs étaient même vendeurs nets en décembre dernier, une situation sans précédent jusque-là. C'est à partir de ces extrêmes que l'or et les investissements liés à l'or, tels que les sociétés minières, ont fortement progressé. L'or est l'actif le plus performant sur les neuf premières semaines de 2016, et l'exposition des portefeuilles est proche de zéro.

La vigueur de l'or prend donc tout le monde par surprise. L'opinion générale des analystes des maisons d'investissement semble être qu'il n'est pas encore nécessaire de revoir leurs objectifs de cours, qui se situent, selon les cas, entre 950 $ et 1 300 $ pour la fin de l'année. Après avoir catégoriquement nié l'intérêt de l'or comme investissement, beaucoup d'entre eux ont choisi de défendre leur position en affirmant qu'elle repose sur les prévisions économiques de leur économiste. Il faut y lire : « ce n'est pas ma faute si je me trompe, je ne fais que refléter la position de la maison ».

L'establishment financier a manqué le coche et n'est probablement, au total, qu'un acheteur légèrement réticent. Mais quel opérateur peut observer la performance de l'or, présentée dans le graphique suivant, et maintenir des positions vendeuses ?

Graphique 2 04032016

Sous tous les angles de l'analyse technique, ce graphique est si haussier qu'il est très inquiétant pour les vendeurs à découvert. Une « golden cross » classique des moyennes mobiles est en place, et le cours a achevé une consolidation en fanion digne d'un manuel, qui devrait marquer la moitié de la tendance haussière et donner un objectif de cours supérieur à 1 400 $. Bien sûr, l'analyse technique ne fonctionne pas toujours, mais l'essentiel est que les vendeurs à découvert ne devraient pas se contenter d'hiberner sur leurs positions.

Analyse technique mise à part, les analystes fondamentaux doivent chercher les raisons de ce mouvement. Se pourrait-il que les banquiers centraux, de retour de la réunion du G20 à Shanghai, exigent la restitution de l'or qu'ils ont prêté, ou, à défaut, interviennent sur le marché pour se procurer du métal précieux physique ?

Une pensée peut-être fantaisiste, mais il ne fait aucun doute que le ton de cette réunion du G20 était morose. Cela n'a rien de surprenant, compte tenu des échecs de plus en plus évidents de la politique monétaire. Point important : le référendum sur le Brexit ne se déroule pas comme prévu, et si les sondages d'opinion commencent à montrer une majorité en faveur d'une sortie de l'UE, l'éclatement de son modèle politique pourrait s'ensuivre. Les inquiétudes grandiraient alors quant à l'avenir du système bancaire de la zone euro, très fortement endetté, et même quant à celui de l'euro lui-même.

Les marchés actions ont connu un rebond de soulagement, tandis que le flux de nouvelles négatives marquait une pause. Les opérateurs sur métaux précieux s'attendaient sans doute à une baisse du cours de l'or, reflétant des prises de bénéfices. Comme indiqué plus haut, celle-ci s'est limitée à une consolidation relativement faible, sous la forme d'un fanion technique.

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