
L’or et l’argent ont enregistré de légères pertes sur la semaine, dans un marché peu animé. Ce matin, lors des échanges en Europe, l’or s’établissait à 1 707 $, en baisse de 22 $ par rapport à la clôture de vendredi dernier, et l’argent à 17,68 $, en baisse de 18 cents.
L’or évolue latéralement depuis que le cours au comptant a atteint pour la première fois 1 750 $ à la mi-avril. La pause qui avait entraîné des primes de plus de 50 $ par rapport au cours au comptant sur le Comex s’est atténuée, mais n’est pas terminée. Le sentiment est celui d’une tension, que montre le mieux notre deuxième graphique, consacré à l’intérêt ouvert et au cours de l’or.

Lorsque l’intérêt ouvert est monté à un peu moins de 800 000 contrats à la mi-janvier, nous prenions conscience de la gravité de la COVID-19 et de ses conséquences probables. Les opérateurs de swaps (les desks de négociation des banques de métaux précieux) étaient alors à un niveau record de positions vendeuses et s’exposaient à des pertes considérables sur ces positions. L’optimisme des spéculateurs se reflétait dans l’écart qui s’était creusé depuis septembre dernier entre l’intérêt ouvert et le cours de l’or, visible sur le graphique.
Il fallait agir, et il ne fait guère de doute qu’une action concertée a été menée pour réduire l’intérêt ouvert. La première réduction, à 650 000 contrats, n’a pas affecté le cours, jusqu’à ce qu’un second coup fasse tomber l’intérêt ouvert à 550 000. Cette seconde vague a temporairement fait chuter le cours de l’or à 1 470 $ le 19 mars. L’intérêt ouvert a continué de baisser, mais le cours de l’or s’est vivement redressé pour atteindre de nouveaux sommets à la mi-avril.
On notera l’écart considérable qui sépare aujourd’hui, sur le graphique, l’intérêt ouvert et le cours de l’or. Après l’échéance du contrat de juin, l’intérêt ouvert se situe désormais à son plus bas niveau de l’année, et le cours refuse de le suivre à la baisse. Autrement dit, les tentatives des banques de métaux précieux pour faire baisser le cours échouent, et le mieux qu’elles puissent espérer est de limiter leurs pertes.
Cela devient difficile. En maintenant la pression vendeuse, les opérateurs de swaps ne parviennent pas à réduire leurs positions nettes vendeuses, qui, au 26 mai, s’élèvent à 182 864 contrats, soit seulement 25 815 de moins que leur position nette au pic de l’intérêt ouvert, le 14 janvier. Autrement dit, alors que l’intérêt ouvert a reculé de 40 %, les opérateurs de swaps n’ont réduit leur exposition nette que de 12,4 %.
De toute évidence, l’establishment des banques de métaux précieux n’a pas réussi à reprendre le contrôle des marchés à terme. On nous a dit que les primes sur le Comex étaient dues à des perturbations de l’approvisionnement, avec beaucoup d’or à Londres mais aucune possibilité de l’acheminer à New York. Ce n’est plus le cas (si tant est que ce l’ait jamais été), et l’establishment reste pourtant dans une impasse. Les expéditions vers New York affluent désormais en abondance, et cette semaine 45 259 contrats de juin ont donné lieu à livraison, soit 140,8 tonnes d’or.
Cela révèle la véritable situation : les gestionnaires de fonds américains et d’autres catégories, déclarées ou non, utilisent le Comex pour prendre livraison d’or physique.
En février, l’or conservé dans les coffres de Londres s’élevait à 8 443 tonnes, dont 5 483 tonnes à la Banque d’Angleterre, ce qui laisse 2 960 tonnes réparties dans sept autres coffres. Les ETF sur l’or, dont la grande majorité stockent à Londres, totalisaient alors 3 033 tonnes ; il n’est donc guère surprenant que 46 tonnes de métal précieux des SPDR Gold Shares se trouvent à la Banque d’Angleterre. Depuis, l’or des ETF a augmenté de 476 tonnes supplémentaires.
En dehors de la Banque d’Angleterre, et avec des taux de location de l’or négatifs, il n’y a aucune offre à Londres : ce n’est pas le moment d’être vendeur à découvert.
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article sont ceux de son ou de ses auteurs et ne reflètent pas ceux de Goldmoney, sauf mention expresse contraire. Cet article est fourni à titre d'information générale uniquement et ne constitue en aucun cas la fourniture, par Goldmoney ou par son ou ses auteurs, d'un conseil juridique, financier, fiscal, d'investissement ou comptable. Vous ne devez pas agir ni vous appuyer sur les informations contenues dans cet article sans avoir préalablement sollicité l'avis d'un professionnel indépendant. Le plus grand soin a été apporté pour s'assurer que les informations de cet article sont fiables ; toutefois, Goldmoney ne garantit pas qu'elles soient exactes, complètes ou à jour, ni qu'elles doivent être considérées comme une indication de résultats futurs, et elles ne doivent pas être utilisées comme telles. Goldmoney ne saurait être tenue responsable de toute réclamation, perte, dommage ou désagrément résultant d'une information ou d'une opinion contenue dans cet article, et toute action entreprise à la suite des opinions et informations qu'il contient l'est à vos propres risques.