J'aborderai cet événement important plus loin dans ce rapport de marché ; mais d'abord, notre tour d'horizon habituel des échanges de la semaine. De lundi à mercredi, le cours de l'or a trouvé un solide support au niveau de 1 305 $, avant de gagner quelques dollars pour atteindre 1 313 $ à la clôture hier soir.
Cependant, la situation sous-jacente est plus favorable que ce mouvement limité ne le laisse penser, la catégorie des « swaps » sur le Comex semblant en difficulté. Les swaps sont pour l'essentiel des banques de métaux précieux qui ne font pas office de teneurs de marché. Leur position nette vendeuse au 5 août s'élevait à 84 108 contrats, soit environ 30 000 de plus que leur moyenne à long terme ; même si elle a pu diminuer légèrement depuis, la liquidité du Comex est insuffisante pour qu'ils puissent dénouer collectivement cette position nette vendeuse sans provoquer une forte hausse des prix. Le graphique ci-dessous, qui part de la brutale chute d'avril 2013, montre que les positions nettes des swaps sont prises dans une tendance baissière, tandis que le cours de l'or refuse obstinément de baisser davantage.

De toute évidence, les swaps sont plus rentables lorsqu'ils suivent une orientation baissière dans un marché en repli. Le graphique l'illustre visuellement : la ligne bleue monte lorsque la ligne jaune baisse, et inversement. Cette stratégie a clairement bien fonctionné jusqu'en avril dernier, date à laquelle le cours de l'or a cessé de réagir aux variations des positions vendeuses nettes des swaps.
Il en résulte que les swaps affichent désormais une position vendeuse nette à un niveau inconfortable, alors que le cours ne baisse plus. Ils connaissent un problème similaire sur l'argent, et la situation technique est potentiellement très forte, comme le montre le graphique de l'intérêt ouvert ci-dessous.

L'intérêt ouvert progresse fortement alors que le cours reste plafonné sous 20 $. Cela indique qu'une ou plusieurs parties pèsent sur le cours et refusent de le laisser monter. Une prochaine cassure au-dessus de 20 $ pourrait entraîner une hausse sensible. Avec le nouveau fixing de Londres à compter d'aujourd'hui, cela ressemble à la tentative de Canut d'arrêter la marée montante des acheteurs.
Le nouveau fixing de l'argent
Plus tard dans la journée, le nouveau régime de fixing quotidien de l'argent entrera en vigueur. Il sera exploité sur la plateforme du Chicago Mercantile Exchange (les responsables du Comex) et supervisé par Thompson Reuters. Pendant les six premiers mois, l'accès au fixing sera gratuit pour les observateurs, de sorte que chacun pourra voir son fonctionnement.
Il s'agit d'une avancée bienvenue par rapport à l'ancien fixing de l'argent, où les banques de métaux précieux négociaient le prix en secret. Cela devrait être positif à plus long terme, car la transparence du marché tend à favoriser une participation plus large des institutions et du public. Nous sommes loin d'un marché totalement transparent, mais le voile du secret entourant les transactions se lève au moins un peu.
Imaginez que vous dirigez un fonds spéculatif. Vous n'intervenez pas sur l'or ni sur l'argent, car le marché physique est trop opaque. Or il existe désormais un processus d'enchères visible sur l'argent, que vous pouvez suivre en ligne. Vous pouvez l'observer pendant une semaine ou deux pour mieux évaluer les capitaux nécessaires pour faire bouger le prix. Vous n'êtes pas le seul : tous les autres s'y intéressent également. Vous pouvez maintenant évaluer bien mieux votre risque de transaction et serez disposé à intervenir. Et vous espérez que le marché de l'or deviendra lui aussi plus transparent.
En résumé, je crois que nous assistons à un changement très important sur les marchés des métaux précieux, au détriment des intermédiaires qui se cachent derrière l'opacité du marché de gré à gré.
La semaine prochaine
Lundi.
Zone euro : balance commerciale.
États-Unis : enquête NAHB auprès des constructeurs de logements.
Mardi.
Japon : indicateur avancé (final), échanges commerciaux dédouanés.
Royaume-Uni : IPC, prix des intrants, prix de l'immobilier de l'ONS, prix de production.
États-Unis : permis de construire, IPC, IPC hors alimentation et énergie, mises en chantier.
Mercredi.
Japon : indice d'activité de l'ensemble des industries.
Royaume-Uni : CBI commerce de distribution, CBI tendances industrielles.
États-Unis : procès-verbal du FOMC de la Fed (juillet).
Jeudi.
Zone euro : PMI composite flash, PMI manufacturier flash, PMI des services flash, confiance des consommateurs flash.
Royaume-Uni : emprunts publics, ventes au détail.
États-Unis : inscriptions initiales au chômage, PMI manufacturier flash, ventes de logements existants, indicateur avancé.
Vendredi.
États-Unis : Janet Yellen, présidente de la Fed, prend la parole à Jackson Hole sur les marchés du travail.