
Les cours de l'or et de l'argent ont d'abord progressé cette semaine, passant des plus bas de vendredi dernier, respectivement 1 170 $ et 15,93 $, à une remise en cause des niveaux de 1 200 $ pour l'or et de 16,70 $ pour l'argent mercredi, avant de perdre hier environ la moitié de ces gains.
Depuis le début de l'année, l'or est quasiment inchangé, tandis que l'argent gagne 5 % et figure parmi les actifs les plus performants des marchés financiers sur cette période.
Les métaux précieux semblent plongés dans la même torpeur que les autres marchés, mais deux dossiers évoluent. Au début de la semaine, les rendements des obligations d'État étaient faibles, les taux négatifs étant monnaie courante, malgré des niveaux d'emprunt publics records. Les investisseurs rationnels sont à peine présents sur les marchés obligataires et restent pour la plupart en retrait, sachant que ces distorsions ne peuvent durer éternellement.
Toutefois, au fil de la semaine, une réaction s'est amorcée sur les bons du Trésor américain, le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans grimpant brutalement à 2,29 %, comme le montre le graphique ci-dessous (même si un repli à 2,19 % s'est produit ce matin). La ligne pointillée représente la ligne de cou d'une figure graphique de retournement en tête et épaules désormais achevée, ce qui laisse penser que les rendements des bons du Trésor pourraient risquer de monter nettement plus haut, entraînant avec eux d'autres marchés obligataires ainsi que les obligations de moindre qualité.

Depuis début février, les rendements des bons du Trésor à 10 ans ont progressé de 37 %, ce qui implique d'importantes pertes de portefeuille pour les banques fortement chargées en dette souveraine. Cette semaine, d'autres rendements clés d'obligations souveraines ont connu des hausses similaires, et les pertes sur les obligations de qualité « investment grade » et sur les obligations à haut rendement ont été proportionnellement plus importantes. L'importance de cette évolution pour les métaux précieux tient à ce que la détérioration des marchés obligataires accroît la probabilité de nouveaux cycles d'assouplissement quantitatif.
Il se peut que les marchés obligataires commencent enfin à intégrer la probabilité croissante d'un défaut de la Grèce sur sa dette et d'une défaillance des banques grecques. C'est le second dossier en évolution, susceptible lui aussi d'affecter l'or et l'argent.
Le professeur Steve Hanke, de l'université John Hopkins, a récemment souligné qu'à la fin de l'an dernier, la valeur comptable des créances douteuses figurant au bilan des banques grecques dépassait la somme des fonds propres tangibles et des réserves, dans une proportion allant de 22 % pour la Banque nationale de Grèce à 165 % pour la Banque du Pirée, les autres banques se situant entre ces extrêmes. En outre, au cours des cinq derniers mois, les retraits de dépôts se sont accélérés, aggravant la situation. Dans ces conditions, non seulement les banques grecques sont insolvables, mais la Grèce pourrait bien être le « moment Lehman » de l'Europe, avec toutes les conséquences involontaires que cela implique.
Le défaut de la Grèce et la faillite de son système bancaire paraissent désormais inévitables. La question restante est de savoir quel soutien monétaire la BCE apportera pour éviter une nouvelle hausse des rendements obligataires des autres pays de la zone euro, et quelle aide elle accordera aux banques de la zone euro fortement endettées, dont la viabilité pourrait elle-même être menacée.
Enfin, le résultat inattendu des élections au Royaume-Uni a, ce matin, d'abord soutenu la livre sterling. Seul le temps dira si elle conservera cette hausse.
La semaine prochaine
Lundi
Royaume-Uni : décision de la BoE sur les taux d'intérêt, baromètre des ventes au détail du BRC.
Mardi
Japon : indicateur avancé (prél.), données sur les prêts bancaires, balance courante.
Royaume-Uni : production industrielle, production manufacturière, estimation du PIB du NIESR.
Mercredi
Royaume-Uni : gains moyens, nombre de demandeurs d'allocations, taux de chômage selon l'OIT.
Zone euro : PIB (1re estimation), production industrielle.
États-Unis : indice des prix à l'importation, ventes au détail, stocks des entreprises.
Jeudi
Japon : masse monétaire M2, enquête auprès des observateurs de l'économie.
États-Unis : demandes initiales d'allocations chômage, indice des prix à la production
Vendredi
Japon : confiance des consommateurs.
Royaume-Uni : production dans la construction.
États-Unis : enquête Empire State, taux d'utilisation des capacités de production, production industrielle, flux nets de capitaux à long terme (TICS)
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