Rapport de marché : les pénuries de matières premières s'aggravent

Illustration accompanying Rapport de marché : les pénuries de matières premières s'aggraventAlors que la crise ukrainienne s'aggrave, les métaux précieux ont progressé cette semaine après l'extrême volatilité de la semaine dernière. Ce matin en Europe, l'or s'échangeait à 1 944 $, en hausse de 55 $ par rapport à la clôture de vendredi dernier, et l'argent à 25,21 $, en hausse de 97 cents. Le volume au Comex était modéré, alors qu'on aurait pu s'attendre à un volume plus élevé, en particulier sur l'argent. Cela indique que les spéculateurs sont incertains quant à l'évolution des événements. Parallèlement, l'intérêt ouvert sur l'or reste élevé, comme le montre notre graphique suivant.

Illustration accompanying Rapport de marché : les pénuries de matières premières s'aggraventCette situation sera douloureuse pour les vendeurs à découvert, en particulier les opérateurs des banques de métaux précieux, qui travaillent désormais avec les exigences de financement stable net de Bâle III. La position des Swaps sur l'or, composée en majorité de banques de métaux précieux, est présentée ci-après.

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La position est celle du 22 février, dernières données COT disponibles, ajustée au cours d'aujourd'hui. Une mise à jour sera publiée ce soir après la clôture des marchés, mais l'intérêt ouvert étant semblable à celui d'hier soir, elle reflète assez fidèlement la position actuelle. Le graphique montre qu'en valeur de passif en dollars, les Swaps sont désormais à un niveau record de position vendeuse en termes bruts, et proche du record en termes nets. Les positions vendeuses brutes, soit 57,6 milliards de dollars, sont réparties entre 23 opérateurs, ce qui donne une position moyenne de 2,5 milliards de dollars.

Les banques de métaux précieux chercheront désespérément à plafonner leurs positions. L'approche habituelle, qui consiste à faire baisser les prix sur un marché suracheté pour déclencher les ordres stop et ainsi ramener l'intérêt ouvert sous les 500 000 contrats, nécessiterait probablement une amnistie ukrainienne, ce qui est improbable. Par conséquent, si les événements devaient accroître la demande spéculative de contrats à terme, le seul recours est de décourager les acheteurs en faisant monter les prix, dans l'espoir qu'une occasion d'évincer les détenteurs fragiles se présente plus tard. La situation sera similaire sur le marché à terme de Londres, probablement huit fois plus important que le Comex. Ce sont les conditions d'un short squeeze.

La crise ukrainienne s'intensifie plutôt qu'elle ne s'apaise. On prend soudain conscience que non seulement les prix du pétrole et du gaz naturel sont touchés (au cours de la dernière semaine, le pétrole WTI a augmenté de 19,3 %), mais, fait plus alarmant, que les prix du blé ont augmenté de 41 % sur la même période. La raison en est que cette région est le premier grenier à blé exportateur du monde. L'effet sur un ensemble de matières premières apparaît dans notre graphique suivant.

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La hausse des prix de l'énergie et des matières premières se répercutera inévitablement sur les prix à la production et à la consommation. On comprend que les analystes institutionnels peinent à analyser ces évolutions, ce qui se traduit par un argument simpliste selon lequel la hausse des prix freinera la demande des consommateurs et conduira à une récession. Ils estiment qu'une récession atténuera les pressions inflationnistes et que, par conséquent, la pression en faveur d'une hausse des taux d'intérêt diminuera à son tour. Cette approche se reflète dans les prévisions consensuelles selon lesquelles, au lieu de relever son taux des fonds fédéraux de 50 points de base plus tard ce mois-ci, la Fed se limiterait à 25 points de base.

Mais la guerre financière entre l'Occident et la Russie continue de s'intensifier, et les rapports faisant état de pénuries croissantes de matières premières et de situations de déport sur les marchés continuent d'affluer. Le gel des réserves de change de la Russie les a rendues sans valeur entre les mains russes, et la réponse qui se dessine consiste à accroître ses réserves d'or.
 


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