Pour l'or et l'argent, la semaine a connu deux phases : les prix ont d'abord progressé jusqu'à un sommet mardi, puis ont reculé pour afficher des pertes nettes sur la semaine mercredi pour l'argent et jeudi pour l'or.
Globalement, ces métaux précieux ont reflété d'abord la faiblesse, puis la vigueur du dollar américain. Quant aux actions, elles ont effacé la nervosité de la semaine précédente après qu'un membre du FOMC a laissé entendre que le QE serait prolongé, l'indice S&P 500 clôturant jeudi en hausse de 7 % par rapport à son point bas du 15 octobre.
La panique est donc retombée pour le moment sur les marchés, et l'activité habituelle a repris pour les métaux précieux. Il existe toutefois des signes d'une bonne demande sous-jacente d'or physique : le Shanghai Gold Exchange a livré 68,37 tonnes au public pendant la période des congés (deux semaines ne comptant que cinq jours de négociation), puis 51,5 tonnes supplémentaires la semaine dernière. Le graphique ci-dessous présente l'or retiré du SGE cette année, soit 1 547 tonnes à ce jour, ce qui laisse prévoir un total de 1 900 tonnes pour l'année, soit seulement 300 tonnes de moins que le total de 2013.

Les livraisons ont nettement progressé ces derniers mois. La demande indienne d'or s'est également redressée, à l'approche de la fête de Diwali et grâce à des prix attractifs. Les bijoutiers font état d'une demande en hausse d'environ un tiers par rapport à l'an dernier.
Un sondage réalisé auprès des électeurs du référendum du mois prochain sur la politique de la Banque nationale suisse en matière d'or donne 45 % contre 39 % en faveur de l'obligation pour la BNS de rapatrier l'or qu'elle détient à l'étranger, de maintenir 20 % d'or à son bilan et de s'interdire toute vente d'or. Pour l'instant, le marché de l'or ignore ce fait surprenant, mais si la loi obligeait la BNS à respecter ces mesures, on peut imaginer le chaos qui s'ensuivrait lorsqu'elle tenterait de s'y conformer alors que les banques centrales russe et asiatiques achètent également, sans parler de la pression politique probable sur d'autres banques centrales européennes pour qu'elles fassent de même. On ne sait jamais : la BNS pourrait simplement être la victime d'un vote de protestation.
La Russie continue d'accroître ses réserves, qui atteignent près de 1 150 tonnes, ce qui fait d'elle le cinquième détenteur officiel. Ignorant toutes ces bonnes nouvelles sur le transfert d'or physique de mains faibles vers des mains fortes, la catégorie Managed Money du Comex affiche toujours des positions vendeuses proches de niveaux record, comme le montre le graphique ci-dessous.

Et les positions vendeuses sur l'argent sont plus spectaculaires encore, nettement à un niveau record :

Le fait que les spéculateurs publics soient si largement vendeurs indique clairement que les perspectives sont à la hausse des prix, à la faveur d'un violent rachat de positions vendeuses, et non à la baisse des prix que les commentateurs des marchés de capitaux attendent unanimement.
La semaine prochaine
Lundi.
Zone euro : masse monétaire M3.
Royaume-Uni : commerce de distribution (CBI).
États-Unis : promesses de vente de logements.
Japon : ventes au détail.
Mardi.
États-Unis : commandes de biens durables, biens durables hors transports, prix des logements S&P Case-Shiller, confiance des consommateurs, début de la réunion du FOMC de la Fed.
Japon : production industrielle,
Mercredi.
Royaume-Uni : approbations de prêts hypothécaires de la BoE, crédit net à la consommation, prêts garantis, masse monétaire M4.
États-Unis : taux des fonds fédéraux du FOMC.
Jeudi.
Zone euro : indice du climat des affaires, confiance des consommateurs, climat économique, climat industriel.
États-Unis : indice des prix PCE de base, PIB, déflateur du PIB, demandes initiales d'allocations chômage, revenus des ménages, dépenses de consommation des ménages.
Japon : IPC de base, dépenses réelles des ménages, chômage.
Vendredi.
Japon : mises en chantier de logements, commandes de construction, taux au jour le jour de la BoJ.
Zone euro : IPCH flash, chômage.
États-Unis : indice des prix PCE de base, indice du coût de l'emploi, PMI de Chicago,