L'or et l'argent restent proches de leurs plus bas de l'année, pénalisés comme d'habitude par la résilience du dollar.
Les métaux précieux semblent dans les limbes : les acheteurs spéculatifs sont découragés avant tout par leur piètre performance durant la crise grecque, ainsi que par la possibilité qu'un krach boursier en Chine pousse les spéculateurs chinois à vendre de l'or de manière forcée. Jusqu'à présent, cette dernière crainte s'est révélée infondée : la demande du public en Chine s'est accélérée avec la baisse des prix et dépasse à elle seule la production mondiale des mines. Outre la demande chinoise, des éléments anecdotiques indiquent qu'à ces prix, la demande physique du public a augmenté ailleurs, les souverains en or se raréfiant à Londres. Et nos courtiers ont indiqué hier que, cette semaine, les acheteurs l'emportaient sur les vendeurs.
Des échanges décousus ont entraîné une forte baisse des contrats ouverts sur les contrats à terme sur l'or du Comex, le contrat d'août arrivant à échéance au lieu d'être reporté. Le graphique suivant l'illustre, et l'on peut supposer que cela a quelque peu atténué la situation de survente.

Le cours de l'or a atteint son point bas vendredi dernier à 1 079 $, puis, après un rebond jusqu'à un plus haut de 1 104 $, a été vendu hier matin jusqu'à un plus bas de 1 083 $, soit le même niveau qu'en début de séance européenne ce matin. L'argent a mieux résisté et a surperformé l'or ; dans son cas, les positions ouvertes se sont maintenues, le contrat actif le plus proche étant celui de septembre. Voici notre troisième graphique.

Mercredi, le Comité fédéral de l'open market a publié son dernier compte rendu, pratiquement inchangé par rapport aux précédents. Selon les observateurs de la Fed, les probabilités favorisent sans doute un relèvement des taux en décembre plutôt qu'en septembre, à supposer qu'aucun autre facteur n'intervienne.
La Fed a jusqu'ici écarté l'idée que des facteurs extérieurs influenceront son calendrier, tels que l'effondrement de la bourse chinoise et l'affaiblissement de l'euro provoqué par la désintégration rapide de l'économie grecque. Mais il est difficile d'imaginer une Fed qui ignorerait simplement ces évolutions importantes, alors qu'un taux des fonds fédéraux plus élevé accroîtrait l'instabilité mondiale des actifs et des devises.
Pour l'instant, le sujet reste incertain et approche d'un point critique. Ces deux problèmes risquent de renforcer le dollar, en particulier face à l'euro, qui semble devoir passer sous la parité avec le dollar. Tant que cette question ne sera pas résolue, l'or restera exposé à des pressions vendeuses sur les marchés à terme.
Cette analyse décrit ce qui ressemble à une crise en développement. D'un côté, des marchés inondés de monnaie fiduciaire et gagnés peu à peu par la peur ; de l'autre, la Fed, apparemment impuissante à agir de manière conventionnelle avec des taux d'intérêt à zéro. Pour les détenteurs d'or patients, il ne peut s'agir que d'un mois ou deux avant qu'un point de rupture n'apparaisse, mais d'ici là, le parcours pourrait rester difficile.
Je publierai sur Twitter la demande chinoise de la semaine dernière dès que les informations seront disponibles aujourd'hui, sur @MacleodFinance.
La semaine prochaine
Lundi
Zone euro : PMI manufacturier.
Royaume-Uni : PMI manufacturier IPS/Markit.
États-Unis : indice des prix PCE de base, revenus des ménages, dépenses des ménages, PMI manufacturier, dépenses de construction, ISM manufacturier.
Mardi
Royaume-Uni : prix de l'immobilier Nationwide.
Zone euro : indice des prix à la production.
États-Unis : commandes d'usine, indice d'optimisme des consommateurs IBD.
Mercredi
Zone euro : PMI composite, PMI des services, ventes au détail.
Royaume-Uni : indice des prix de l'immobilier Halifax.
États-Unis : enquête ADP sur l'emploi, balance commerciale, ISM non manufacturier.
Jeudi
Japon : indicateur avancé (préliminaire).
Royaume-Uni : production industrielle, production manufacturière, taux directeur de la BoE.
États-Unis : inscriptions initiales au chômage.
Vendredi
Royaume-Uni : balance commerciale.
États-Unis : créations d'emplois non agricoles, chômage, crédit à la consommation.
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