Rapport de marché : les cours de l'or et de l'argent ont reculé

Les cours de l'or et de l'argent ont reculé durant la première moitié de la semaine, l'or perdant 70 $ pour toucher un plus bas de 1 274 $ mercredi matin. Le seuil de 1 300 $ était considéré comme un support, qui a cédé de façon spectaculaire, et c'est ce qui a influencé les commentateurs et les stratégistes d'investissement. Sur les marchés financiers, l'opinion baissière submerge les rares haussiers. Apparemment, la demande physique qui draine les marchés aux prix actuels ne compte pour rien.

Je suis continuellement bombardé d'études censées prouver que le cours de l'or va baisser davantage. Les arguments vont d'articles érudits réfutant la corrélation entre l'or et l'inflation à la théorie des vagues d'Elliott, étayée par de prétendus ratios magiques de Fibonacci.

Comme la matière et l'antimatière, cela me rappelle l'an 2000, lorsque tout étudiant en psychologie des foules ayant lu le récit classique de Charles Mackay sur la bulle de la mer du Sud aurait dû percevoir les parallèles avec la bulle internet de l'époque. Il en va de même aujourd'hui à l'extrême opposé pour l'or et l'argent : tous les spéculateurs sont assis du même côté d'un bateau très instable.

C'est pourquoi les conditions de marché extraordinaires d'aujourd'hui – les banques de métaux précieux en position acheteuse sur le Comex face à des positions vendeuses record, et des taux à terme de l'or négatifs pendant un mois entier – sont ignorées. Ces reflets d'une psychologie de foule négative sont aussi extrêmes qu'il est possible, avec un sentiment de marché aussi fortement négatif que celui de la bulle internet était haussier il y a 13 ans.

Mes vues lugubres sur les jugements de valeur à la mode ont été écartées alors, comme elles le sont aujourd'hui. Elles sont résumées dans le graphique de l'or ci-dessous. La ligne jaune est corrigée de l'augmentation de la quantité d'or depuis janvier 2000 et de celle des liquidités et dépôts en dollars américains. Cela nous donne le prix actuel de l'or exprimé en monnaie de janvier 2000.

L'or en dollars américains depuis 2000, corrigé de la quantité d'or et de l'expansion monétaire

La ligne rouge n'est pas corrigée. La ligne jaune montre que le prix corrigé n'a augmenté que de 100 $, passant de 283 $ en janvier 2000 au plus bas du mois dernier, soit 1 200 $ en valeur nominale. Ainsi, du moment où les investisseurs se délectaient de la perspective d'une richesse perpétuelle issue de la bulle internet à la prise de conscience que l'ensemble de notre système financier est gravement, peut-être fatalement, défaillant, l'or n'a en réalité progressé que de moins de 40 %.

C’est une erreur courante de supposer automatiquement que le dollar, ou toute autre devise d’ailleurs, reste inchangé pour le calcul des prix. Aucune des études qui passent sur mon bureau n’aborde cette question.

La semaine prochaine

Voici les publications de la semaine prochaine.

Lundi : Taux d’utilisation des capacités et production industrielle au Japon. Déficit budgétaire américain.

Mardi : IPC au Royaume-Uni, prix des intrants et des produits, prix de l’immobilier (ONS). Production industrielle dans la zone euro. Indice des prix à l’importation, ventes au détail et stocks des entreprises aux États-Unis.

Mercredi : Gains moyens et taux de chômage au Royaume-Uni. Chômage dans la zone euro. Indice des prix à la production aux États-Unis.

Jeudi : Ventes au détail au Royaume-Uni. IPC américain, enquête Empire State,  demandes initiales d’allocations chômage, taux d’utilisation des capacités, production industrielle, enquête NAHB auprès des constructeurs, enquête de la Fed de Philadelphie.

Vendredi : Balance courante, IPCH et balance commerciale de la zone euro. Permis de construire, mises en chantier et coûts unitaires de main-d’œuvre aux États-Unis.

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