Rapport de marché : les 1 300 $ en vue


Cours de l’or et de l’argent en USD

Après une excellente semaine dernière, l’or et l’argent se sont consolidés, en baissant d’abord lundi et mardi cette semaine, avant de remonter vers leurs plus hauts mercredi et jeudi. En début de séance européenne ce matin, l’or affichait une hausse de 6 $ par rapport à la clôture de vendredi dernier, à 1 294 $, et l’argent une hausse de 10 cents à 17,15 $.

Le principal moteur des cours des métaux précieux a été le dollar américain, qui, après une longue période de faiblesse culminant la semaine dernière sous l’effet des craintes d’une guerre avec la Corée du Nord, a connu un net rebond de soulagement lundi et mardi.

La vigueur sous-jacente du cours de l’or commence à apparaître lorsqu’il est exprimé dans les autres grandes devises, comme le montre notre second graphique.

Cours de l’or dans toutes les principales devises

Libellé en livres sterling, l'or a réussi à clôturer hier soir (jeudi) au-dessus de 1 000 £, se rapprochant des sommets du début du mois de juin. Libellé en euros, l'or affiche désormais une hausse depuis le début de l'année, mais de justesse. Ainsi, alors que pour les Américains il s'agit d'une histoire de couverture contre le dollar, pour ceux dont la devise de référence est une autre monnaie, l'or fait preuve d'une solidité sous-jacente encourageante.

Tout cela laisse penser que l'or pourrait réussir son assaut du seuil, psychologiquement important, des 1 300 $. Notre troisième graphique, qui inclut les principales moyennes mobiles suivies par les opérateurs, est lui aussi un motif d'optimisme.

Moyenne mobile de l'or en dollars américains

Jusqu'à présent, l'or semble avoir évolué dans une phase de consolidation, représentée entre les lignes pointillées. La question aujourd'hui est de savoir si le cours de l'or connaîtra un nouveau repli vers la borne inférieure à 1 210 $, ou si cette troisième tentative aboutira. Le cours et les moyennes mobiles affichent à présent une configuration haussière, ce qui indique que, selon toute probabilité, l'assaut des 1 300 $ réussira ; dans ce cas, la zone des 1 350-1 400 $ deviendrait le prochain objectif technique.

Le contexte fondamental semble lui aussi favorable. Si les inquiétudes immédiates concernant la Corée du Nord se sont heureusement apaisées, il est apparu cette semaine que l'attention des États-Unis se tournera vers le commerce, avec la Chine pour cible. Steve Bannon, stratège en chef de la Maison-Blanche, a indiqué clairement, dans un entretien accordé à The American Prospect, qu'il s'agissait d'une lutte pour l'hégémonie mondiale entre les États-Unis et la Chine, et que les États-Unis devaient agir rapidement pour empêcher la Chine de dominer le monde dans vingt ans.

Deux éléments ressortent : il ne s'agit plus de savoir si la Chine bénéficie d'un avantage commercial déloyal, car le commerce est désormais au cœur d'une guerre géopolitique. Et Bannon est manifestement convaincu que les États-Unis l'emporteront.

Nous ne pouvons pas, à ce stade, prédire l'issue de cette confrontation, mais une guerre commerciale et financière aurait un coût considérable pour les États-Unis. De plus, les États-Unis représentent désormais moins de 25 % du PIB mondial et, comme leur marché intérieur est vaste, leur commerce extérieur est plus modeste encore. Leur principale arme est le dollar en tant que monnaie de réserve, mais les marchés en regorgent encore, du fait de toute l'expansion monétaire qui a suivi la crise.

En cas de guerre financière et commerciale, il ne faut pas oublier que la Chine détient des quantités considérables de dollars et d'or, qu'elle peut utiliser pour faire baisser le dollar. Bannon ferait bien de garder à l'esprit l'adage selon lequel il ne faut pas jeter la pierre quand on vit dans une maison de verre.

Il existe cependant une forte probabilité que le conflit financier engagé par Bannon contre la Chine s'intensifie, car la présidence assiégée de Trump a besoin d'un ennemi extérieur pour détourner l'attention des questions intérieures.


Les points de vue et opinions exprimés dans cet article sont ceux de son ou de ses auteurs et ne reflètent pas ceux de Goldmoney, sauf mention expresse contraire. Cet article est fourni à titre d'information générale uniquement et ne constitue en aucun cas la fourniture, par Goldmoney ou par son ou ses auteurs, d'un conseil juridique, financier, fiscal, d'investissement ou comptable. Vous ne devez pas agir ni vous appuyer sur les informations contenues dans cet article sans avoir préalablement sollicité l'avis d'un professionnel indépendant. Le plus grand soin a été apporté pour s'assurer que les informations de cet article sont fiables ; toutefois, Goldmoney ne garantit pas qu'elles soient exactes, complètes ou à jour, ni qu'elles doivent être considérées comme une indication de résultats futurs, et elles ne doivent pas être utilisées comme telles. Goldmoney ne saurait être tenue responsable de toute réclamation, perte, dommage ou désagrément résultant d'une information ou d'une opinion contenue dans cet article, et toute action entreprise à la suite des opinions et informations qu'il contient l'est à vos propres risques.

 

Retour aux analyses Goldmoney