Malgré un rebond en milieu de semaine qui a porté l'or à 1 181 $ et l'argent à 16,38 $, la semaine a été décevante pour les deux métaux, qui ont terminé en baisse, à la clôture d'hier soir (jeudi), respectivement à 1 147 $ et 15,60 $.
Les cours étaient légèrement mieux orientés ce matin en début de séance européenne.
Le coup d'arrêt est venu de la réaction à la décision du FOMC sur les taux d'intérêt (inchangés) et au communiqué de la Fed qui l'accompagnait. Ce communiqué employait le langage habituel, sans engagement, tournant autour des taux de chômage (que nous savons trompeurs) et de l'inflation, que le comité s'attend à voir remonter à mesure que l'économie se redresse. Quelle reprise ?
Le lendemain de ce communiqué, le Bureau of Economic Affairs a annoncé que le PIB préliminaire du troisième trimestre avait progressé d'un décevant 1,49 % en rythme annualisé. La baisse des stocks y a contribué, mais 30 % de la croissance provenait de la santé, soutenue par les dépenses publiques. Sans ce soutien, le chiffre aurait été véritablement désastreux. Cela va à l'encontre du communiqué résolument optimiste que le FOMC avait publié la veille sur sa confiance dans la reprise économique.
Il serait sans doute plus juste de penser que le FOMC a été enhardi par le rebond des marchés actions depuis fin septembre, le S&P 500 ayant gagné 10 %. En outre, les rendements obligataires européens ont baissé et Mario Draghi, à la BCE, laisse clairement entendre qu'une nouvelle création monétaire est possible. On peut supposer que le FOMC estime qu'une reflation est en cours sur les autres grands marchés, ce qui devrait aider l'économie mondiale à se redresser sans nouvelle détente de la part de la Fed.
Tout cela a offert aux banques de métaux précieux et aux opérateurs de swaps vendeurs d'or et d'argent l'occasion de faire nettement baisser les cours. Les achats de mercredi matin ont eu lieu sur un fuseau horaire évoquant un intérêt du Moyen-Orient ; il était donc minuit dans le Golfe lorsque le communiqué du FOMC a été publié.
Il convient d'examiner la position technique sous-jacente sur le marché des contrats à terme. Les opérateurs commerciaux qui gèrent les cours sont les banques de métaux précieux américaines et les swaps. Le graphique suivant montre à quel point les opérateurs de swaps étaient devenus vendeurs en fournissant des contrats du Comex aux acheteurs spéculatifs.

Le 4 août, les opérateurs de swaps du Comex (pour la plupart des banques de métaux précieux non américaines et des courtiers professionnels) étaient acheteurs nets de 24 583 contrats, un record depuis 2006. Depuis, le cours de l'or a progressé et les swaps ont fourni des contrats, principalement aux fonds spéculatifs de la catégorie Managed Money, qui étaient vendeurs nets à un niveau record. Leur position nette est présentée ci-dessous.

Les fonds spéculatifs ont d'abord été pris en étau sur leurs positions vendeuses, puis sont devenus acheteurs, laissant les swaps vendeurs de plus de 60 000 contrats. Ce niveau est à peu près moyen sur le plan historique, mais il est clair que les swaps (ainsi que les banques de métaux précieux américaines) ont intérêt à faire baisser les cours pour déclencher les ordres stop sur les positions acheteuses des fonds spéculatifs.
C'est ce qui s'est produit entre mercredi, après le communiqué du FOMC, et hier soir. L'or a été ramené de 1 182 $ à 1 147 $, ce qui représente près de 200 millions de dollars pour les opérateurs de swaps. Ils devraient continuer à faire baisser les cours face aux fonds spéculatifs jusqu'à ce qu'ils détectent le passage de ces derniers à la vente, ou que la demande de métal physique fasse basculer les cours en backwardation.
Cela montre pourquoi il est si dangereux de spéculer sur ces marchés. Cela montre aussi que le marché de l'or est géré uniquement dans un but lucratif par les banques, au lieu de refléter l'offre et la demande réelles.
La semaine prochaine
Lundi
Japon : ventes de véhicules.
Zone euro : PMI manufacturier flash.
Royaume-Uni : PMI manufacturier CIPS/Markit.
États-Unis : PMI manufacturier final, dépenses de construction, ISM manufacturier.
Mardi
Royaume-Uni : PMI construction CIPS/Markit.
États-Unis : commandes à l'industrie, indice d'optimisme des consommateurs IBD
Mercredi
Zone euro : PMI composite, PMI des services, indice des prix à la production (PPI).
Royaume-Uni : PMI des services CIPS/Markit.
États-Unis : enquête ADP sur l'emploi, balance commerciale, ISM non manufacturier.
Jeudi
Royaume-Uni : indice des prix de l'immobilier Halifax, décision de la BoE sur les taux d'intérêt.
Zone euro : commerce de détail.
États-Unis : inscriptions initiales au chômage, productivité hors secteur agricole, coûts unitaires de main-d'œuvre.
Vendredi
Japon : indicateur avancé.
Royaume-Uni : production industrielle, balance commerciale.
États-Unis : créations d'emplois non agricoles, chômage, crédit à la consommation.
Les opinions et points de vue exprimés dans cet article sont ceux de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement ceux de GoldMoney, sauf mention expresse. Veuillez noter que ni GoldMoney ni aucun de ses représentants ne fournissent de conseils financiers, juridiques, fiscaux, d'investissement ou autres. Ces conseils doivent être demandés auprès d'une personne ou d'un organisme indépendant et réglementé, dûment qualifié pour les donner. Toute information fournie dans cet article l'est uniquement à titre de commentaire général sur le marché et ne constitue pas un conseil. GoldMoney décline toute responsabilité en cas de perte ou de dommage pouvant découler, directement ou indirectement, de votre utilisation de ces informations ou de la confiance que vous leur accordez.
