Le dollar américain a continué de perdre du terrain cette semaine, contribuant à une tendance plus ferme des métaux précieux. L'or a gagné plus de 40 $ à 1 223 $, et l'argent 1,13 $ à 17,45 $, même si les cours ont d'abord ouvert légèrement en baisse ce matin dans les premiers échanges européens, anticipant peut-être quelques prises de bénéfices avant le week-end.
L'or a désormais progressé de plus de 3 % depuis le début de l'année, devançant de peu l'indice S&P 500, en hausse de 2,5 %, mais faisant bien mieux que les obligations, le cours du Treasury américain à 10 ans étant en baisse d'environ 4 %.
Sur le marché à terme du Comex, la demande d'or et d'argent semble croissante, les volumes comme les positions ouvertes augmentant avec les prix. Le graphique suivant concerne l'or.

Si la hausse était alimentée par des rachats de positions vendeuses, les positions ouvertes auraient tendance à diminuer. S'il y a presque certainement des rachats de positions vendeuses, il est clair que les nouveaux achats constituent l'élément dominant. De même, les positions ouvertes sur l'argent se sont redressées vers les niveaux records observés le mois dernier. Le graphique suivant l'illustre.

Les marchés obligataires ont connu une volatilité importante cette semaine, les rendements se pentifiant sur l'ensemble de la courbe, et l'écart entre les rendements des Treasuries à deux et à dix ans passant de 1,2 % à 1,6 % depuis début février. Un écart qui s'élargit (ce que l'on appelle une courbe des taux plus pentue) est normalement associé à des marchés obligataires anticipant des taux d'inflation plus élevés, ou une incertitude financière accrue, ou les deux. Ainsi, si la courbe des taux continue de se pentifier, le dollar est susceptible de s'affaiblir davantage tant que la Fed hésitera à relever les taux d'intérêt. Je m'attends à ce que ce sujet suscite une attention croissante dans les mois à venir.
L'or s'est moins bien comporté en livres sterling et en euros, qui ont eux aussi progressé face au dollar américain, mais il reste en hausse de 1,5 % et de 9 % respectivement depuis le début de l'année. L'attrait pour les résidents de la zone euro a été confirmé par la publication de cette semaine des Gold Demand Trends du World Gold Council pour le premier trimestre 2015, qui faisait état d'une hausse de 20 % de la demande de lingots et de pièces d'or de la part des citoyens allemands.
Il existe deux raisons évidentes pour les citoyens de la zone euro d'acheter de l'or. La première est la prévalence des taux d'intérêt à court terme négatifs, associée à la réticence des banques à verser de grosses sommes en espèces, ce qui fait de l'or une alternative attrayante. La seconde est la tragédie qui se poursuit en Grèce.
Par ailleurs, en Grèce, les particuliers achèteraient des automobiles afin de se défaire de leurs dépôts bancaires, les constructeurs allemands en étant vraisemblablement les principaux bénéficiaires. Le raisonnement tient sans doute à ce qu'un actif mobile est préférable à des dépôts bancaires en période de crise financière, ce qui confirme qu'ils ont totalement perdu confiance dans le système bancaire.
La semaine prochaine
Lundi
Japon : taux d'utilisation des capacités de production, production industrielle. États-Unis : enquête NAHB auprès des constructeurs.
Mardi
Royaume-Uni : IPC, prix des intrants, prix des logements (ONS), prix à la production. Zone euro : IPCH, balance commerciale, ZEW (climat économique). États-Unis : permis de construire, mises en chantier. Japon : PIB.
Mercredi
Japon : indicateur avancé (final). Royaume-Uni : procès-verbal du Comité de politique monétaire de la BoE.
Jeudi
Japon : indice d'activité de l'ensemble des industries. Zone euro : balance courante, PMI composite flash, PMI manufacturier flash, PMI des services flash, confiance des consommateurs flash. Royaume-Uni : ventes au détail, tendances industrielles de la CBI. États-Unis : demandes initiales d'allocations chômage, ventes de logements existants, indicateur avancé, enquête de la Fed de Philadelphie
Vendredi
Japon : communiqué de politique monétaire de la BoJ. Royaume-Uni : emprunts du secteur public. États-Unis : IPC, PMI manufacturier flash.
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