Rapport de marché : la vague de ventes peine à entraîner les cours plus bas

Illustration accompanying Rapport de marché : la vague de ventes peine à entraîner les cours plus bas
La vague de ventes sur les métaux précieux, qui entre dans sa quatrième semaine, peine à faire baisser le cours de l’or, mais l’argent oppose moins de résistance à cette pression. Depuis la clôture de vendredi dernier, lors des échanges matinaux en Europe aujourd’hui, l’or a reculé de 12 $ à 1 771 $ et l’argent a perdu 66 cents à 21,88 $. Les cours sont guidés par la détermination des banques de métaux précieux à réduire leur exposition vendeuse d’ici la fin de l’année.

La fin de l’année est importante pour deux raisons. Pour toutes les banques de métaux précieux détenant des positions vendeuses, il s’agit d’une date de référence essentielle, évaluée au regard des cours du trimestre précédent, du semestre et de la fin de l’année précédente. À tout gain ou perte de valorisation s’ajoutent les bénéfices de négociation afin de déterminer les primes des opérateurs. En prenant cela comme repère, nous constatons que l’or devra tomber à 1 725 $ pour égaler la clôture de fin septembre, à 1 770 $ pour celle du semestre et à 1 900 $ pour celle de l’année entière.

Pour l’argent, la clôture de septembre était de 21,56 $, celle de juin de 26,12 $ et celle de décembre de 26,23 $. Les opérateurs sur l’argent viseront donc des cours inférieurs à 21,56 $. En outre, l’intérêt ouvert au Comex sur les deux contrats a fortement diminué. Notre prochain graphique est celui de l’or.
Illustration accompanying Rapport de marché : la vague de ventes peine à entraîner les cours plus bas
À l’approche de la fin de l’année, les banques de métaux précieux semblent l’emporter haut la main dans le jeu du « spoofing ». Mais cela ne concerne que le Comex : nous ne disposons d’aucune statistique sur le marché à terme de Londres, généralement considéré comme huit à dix fois plus grand, et ces activités sont déconnectées du métal physique.

La situation de l’argent papier est particulièrement contre-intuitive, compte tenu des facteurs du marché physique. L’offre est limitée, et pourtant la demande industrielle et d’investissement liée aux énergies propres destinées à remplacer les combustibles fossiles entraîne des pénuries de tous les matériaux nécessaires. Le cuivre reste en backwardation. Les cours de l’uranium, pour lequel il n’existe pas de contrats papier, sont passés de 25 $ en décembre dernier à 45 $ actuellement. L’argent, qui est non seulement indispensable à l’énergie solaire, étant le meilleur conducteur, devrait connaître une demande encore plus forte que l’uranium, et ce sans même tenir compte de son statut monétaire.

Selon certaines sources, la production d’argent des affineurs suisses est déjà contractualisée jusqu’au milieu de l’année prochaine, une pénurie susceptible de s’aggraver. La situation de l’or, auquel les facteurs environnementaux ne s’appliquent pas, est plus simple. Mais, à ces prix, l’or disparaît clairement du marché. Les chiffres de stockage à Londres pour novembre ont été publiés cette semaine et étaient légèrement en hausse. Mais si l’on considère l’approvisionnement minier qui transite au compte-gouttes par Londres, la majeure partie de l’excédent semble passer dans d’autres mains, telles que les banques centrales et le commerce de bijouterie asiatique.

Une autre considération est l’exigence de ratio de financement stable net applicable à Londres à partir de la fin de ce mois. Bien qu’elle n’obligera pas les banques de métaux précieux à réduire leurs positions, les dirigeants de banque soucieux de leur réputation voudront ramener les positions déséquilibrées au niveau le plus bas possible. Pour de nombreux opérateurs qui tiennent les desks de métaux précieux, le marché actuel sera leur dernier baroud d’honneur.

L’année 2022 s’annonce haussière, sous l’effet conjugué du retrait des liquidités, de l’aggravation des pénuries d’offre et de l’accélération de l’inflation des prix. Elle pourrait difficilement être plus haussière, en particulier pour l’argent.

 




Les points de vue et opinions exprimés dans cet article sont ceux du ou des auteurs et ne reflètent pas ceux de Goldmoney, sauf mention expresse contraire. Cet article est fourni à titre d’information générale uniquement et ne constitue pas, de la part de Goldmoney ou du ou des auteurs, un conseil juridique, financier, fiscal, d’investissement ou comptable. Vous ne devez pas agir ni vous fier aux informations contenues dans cet article sans avoir préalablement sollicité l’avis d’un professionnel indépendant. Le plus grand soin a été apporté pour garantir la fiabilité des informations de cet article ; toutefois, Goldmoney ne garantit pas qu’elles soient exactes, complètes, à jour ou qu’elles puissent être considérées comme une indication de résultats futurs, et elles ne doivent pas être utilisées comme telles. Goldmoney ne saurait être tenue responsable de toute réclamation, perte, dommage ou désagrément résultant d’une information ou d’une opinion contenue dans cet article, et toute action entreprise à la suite des opinions et informations qu’il contient l’est à vos propres risques.
Retour aux analyses Goldmoney