Rapport de marché : l'or bondit au-delà des 1 350 $

Lundi dernier, l'or a mis fin à une semaine de consolidation qui l'avait vu passer de 1 354 $ à 1 329 $, avant de remonter fortement hier au-dessus de 1 370 $. Non seulement la demande asiatique continue de dépasser largement l'offre minière, mais les ETF physiques tels que GLD commencent à voir plus d'acheteurs que de vendeurs et ne constituent donc plus une source d'offre.

L'or s'est également affranchi du jeu absurde de l'appétit pour le risque et de l'aversion au risque qui a marqué les dernières années. Alors que d'autres actifs risqués, tels que les actions, ont fortement reculé, l'or a progressé, et il a également progressé tandis que d'autres métaux, notamment le cuivre, chutaient nettement. Il convient aussi de noter la confusion croissante sur les marchés des changes, où l'euro, fondamentalement fragile et fortement dépendant de l'énergie russe, est la plus forte des principales devises.

L'argent a affiché une moins bonne performance, peut-être en gardant un œil sur les métaux industriels. Il est retombé de son plus haut du mois dernier, à 22,15 $, jusqu'à un plus bas de 20,60 $ lundi dernier, avant de rebondir avec l'or pendant le reste de la semaine pour atteindre 21,15 $ hier soir. L'or est donc en hausse tandis que l'argent est en baisse d'environ 4 %, et le graphique ci-dessous, qui présente l'or et l'argent rebasés au 24 février, illustre cette forte divergence.

Or et argent, 24 févr. = 100

La Russie et l'OTAN jouent à une partie de bras de fer financier au sujet de l'Ukraine, ce qui est très préoccupant. La Russie semble avoir calculé que l'Occident n'oserait pas provoquer une guerre financière et commerciale avec le premier exportateur d'énergie de la planète. Il apparaît toutefois que l'Occident ne tient pas compte des risques économiques : la Russie ne doit pas être autorisée à envahir un territoire souverain situé à la frontière de l'UE, de sorte que les principes politiques passent avant l'argent. Pour rendre la situation nettement plus grave, la Chine a pris le parti de la Russie, comme elle devait le faire en tant que cofondatrice, avec la Russie, de l'Organisation de coopération de Shanghai.

Ce point n'échappe pas à ceux qui s'intéressent à l'or : il s'agit d'une guerre financière entre les haussiers de longue date d'Eurasie et les baissiers de longue date d'Occident. Toutes les cartes maîtresses sont détenues par la Chine et la Russie, alors que nous, Occidentaux, n'en avons aucune. C'est pourquoi l'intérêt acheteur se porte d'abord sur l'or plutôt que sur l'argent.

Ce dimanche, la Crimée organise son référendum, et l'issue ne fait guère de doute. La stratégie de l'Occident consiste peut-être à effrayer les électeurs pour les inciter à voter en faveur du maintien au sein de l'Ukraine. Si tel est le cas, on peut espérer que la rhétorique financière s'apaisera ensuite, quel que soit le résultat, car une guerre financière serait extrêmement préjudiciable à l'économie mondiale.

Les signes selon lesquels la Chine pourrait être au bord d'une crise du crédit sont tout aussi sérieux et croissants ; une telle crise provoquerait probablement un afflux de capitaux vers l'or. Mon article du week-end analyse les mécanismes sous-jacents et les conséquences probables de cet événement.

 

La semaine prochaine

Voici le calendrier de la semaine prochaine.

Lundi.

Royaume-Uni : indice des prix de l'immobilier Rightmove.
Zone euro : IPCH (final).
États-Unis : enquête Empire State, utilisation des capacités de production, production industrielle, enquête NAHB auprès des constructeurs.

Mardi.

Zone euro : balance commerciale, indice ZEW du climat économique.
États-Unis : permis de construire, IPC, mises en chantier, réunion du FOMC de la Fed (2 jours).
Japon : échanges commerciaux après dédouanement.

Mercredi.

Japon : indicateur avancé.
Royaume-Uni : salaires moyens, variation du nombre de demandeurs d'emploi, taux de chômage selon l'OIT, jour du budget.
Zone euro : indice du coût de la main-d'œuvre, réunion de fixation des taux.
États-Unis : balance courante, taux des fonds fédéraux (FOMC),

Jeudi.

Royaume-Uni : enquête de la CBI sur les tendances industrielles.
États-Unis : demandes initiales d'allocations chômage, ventes de logements existants, indicateur avancé, enquête de la Fed de Philadelphie.

Vendredi.

Zone euro : balance courante, estimation flash de la confiance des consommateurs.
Royaume-Uni : emprunts publics.

Retour aux analyses Goldmoney