Rapport de marché : l’argent sous les projecteurs

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Le cours de l’or a fortement progressé lundi et mardi, avant de baisser graduellement mercredi et jeudi.

En début de séance européenne ce matin, l’or a ouvert légèrement en hausse à 1 230 $, soit 2 $ de plus. L’argent a été la vedette de la semaine : il a fortement progressé pour corriger sa sous-performance de cette année, comme le montre notre graphique principal, et il a globalement tenu ses positions alors que l’or a perdu environ 30 $ par rapport à ses plus hauts de la semaine.

La vigueur de l’argent ces derniers jours illustre la manière dont le mélange de contrats à terme réglementés, de contrats à livraison différée et d’instruments de gré à gré crée des difficultés d’analyse. Les seules données de négociation fiables dont nous disposons proviennent des rapports Commitment of Traders de la CFTC, publiés avec un délai de trois jours. Elles indiquent que l’argent est très fortement suracheté, les fonds spéculatifs détenant des positions nettes acheteuses proches de leurs records. Pourtant, la surperformance de l’argent présente les caractéristiques évidentes d’un « bear squeeze », c’est-à-dire d’un rachat forcé de positions vendeuses. Ce qui nous échappe, ce sont les transactions hors marché sur le métal physique, de gré à gré et à livraison différée, qui, à en juger par la performance de l’argent cette semaine, indiquent qu’il existe une pénurie globale malgré la situation de surachat au Comex.

Une explication possible est apparue hier, lorsqu’il a été annoncé que Deutsche Bank avait reconnu avoir manipulé le cours de l’argent et accepté d’impliquer les autres banques. Se pourrait-il que les initiés, ou ceux qui seront présumés être leurs complices, aient décidé de dénouer leurs positions vendeuses ? Il s’est ensuite avéré que Deutsche Bank avait également reconnu avoir truqué le marché de l’or. Cela n’a eu aucun effet immédiat sur le cours de l’or, mais ce marché est bien plus liquide.

Deutsche Bank semble chercher à tourner la page. L’époque où elle participait aux fixings de l’or et de l’argent est révolue, mais les traces écrites devraient subsister. Les conséquences potentielles pourraient être très graves et concerneront presque certainement le marché de Londres et la LBMA.

Des signes de tensions considérables se développent dans le système bancaire parallèle, ce qui pourrait entraîner le dénouement de positions synthétiques sur les métaux précieux. Les banques parallèles sont des intermédiaires financiers qui facilitent ces transactions sur titres papier ; si elles sont contraintes de réduire leur activité, la capacité des opérateurs à intervenir sur les marchés s’en trouve réduite d’autant.

Ces opérateurs ont tendance à conserver globalement un portefeuille vendeur, de sorte que leur capacité à financer des positions vendeuses sera vraisemblablement restreinte. Dans ce cas, les échanges de métal physique devraient commencer à déterminer les prix dans une plus grande mesure. La liquidité du marché des produits dérivés devrait inévitablement en pâtir.

Le principal facteur ayant influencé le cours de l’or cette semaine a été la faiblesse du dollar, suivie de sa vigueur. Si ces fluctuations sont toujours une caractéristique de l’évolution des prix, la demande sous-jacente de métal physique semble solide. Les taux d’intérêt négatifs dans la zone euro doivent avoir un effet, et si la demande européenne continue de croître, ce sera un nouveau facteur haussier. L’appréciation de l’euro et du yen rend assurément l’or attrayant pour les Européens et les Japonais, comme le montre le graphique suivant.


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Par ailleurs, la demande chinoise au premier trimestre s’est élevée à 516 tonnes, en deçà de celle de la période comparable de 2014, qui était de 625 tonnes. Le secteur indien de la bijouterie était en grève depuis début mars jusqu’à cette semaine, pour protester contre un projet de prélèvement public de 1 % sur les bijoux autres qu’en argent. Le recul relatif de la demande d’or en Asie par rapport à l’an dernier pourrait être compensé par d’autres acheteurs, mais la demande indienne devrait repartir maintenant que les bijoutiers ont repris le travail.


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