Rapport de marché : fixing de l'argent

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L'or et l'argent ont poursuivi leur hausse, portés par les difficultés des actions, qui doivent s'ajuster à la révision à la baisse des perspectives de croissance des États-Unis.

Hier, une tentative a eu lieu pour faire reculer le cours de l'or après sa hausse de mercredi, laquelle s'est prolongée lors des premiers échanges de ce matin.

Le marché de l'argent reste étroit, ce qu'a démontré de façon spectaculaire le fixing de la mi-journée hier (jeudi). Avant le fixing, l'argent s'échangeait à 14,42 $, et le fixing lui-même, qui a duré quatorze minutes, s'est finalement établi à 13,58 $. Les indices circonstanciels de ce comportement extraordinaire des prix sont l'existence d'options de gré à gré arrivant à échéance sur le prix du fixing. Un nombre inconnu d'options d'achat ont donc expiré sans valeur, alors qu'elles avaient une valeur considérable à 11 h 59.

Il est bien sûr possible qu'il y ait eu un important vendeur réel, mais cela ressemble à une manipulation des prix. La LBMA est globalement responsable du fonctionnement du marché de l'argent, et elle a accepté, plutôt à contrecœur, de moderniser ce marché. Le passage du fixing quotidien à une nouvelle plateforme exploitée conjointement par le CME et Thomson Reuters devait constituer une amélioration par rapport à l'ancien fixing. Toute manipulation du prix aura sans doute été réalisée dans le respect des règles : après tout, si un gros vendeur peut faire baisser le cours du marché puis en tirer profit, n'est-ce pas le jeu normal des marchés non réglementés ?

Ceux d'entre nous qui sont attachés à la transparence des marchés souhaiteront que cette affaire fasse l'objet d'une enquête approfondie, tout comme le feront sans doute les détenteurs d'options qui ont perdu de l'argent.

Seul l'avenir le dira. Entre-temps, en début de séance ce matin, heure du Royaume-Uni, l'or s'échangeait à 1 115 $, soit une hausse de 5,25 % depuis le début de l'année, et l'argent à 14,26 $, soit une hausse de 3 % depuis le début de l'année, à la suite du fixing d'hier. Durant la nuit, la Banque du Japon a introduit des taux d'intérêt négatifs, ce qui n'a eu aucun impact immédiat sur les cours des métaux précieux.

L'or a surpassé la quasi-totalité des autres classes d'actifs ; les bons du Trésor américain à 30 ans sont ceux qui s'en rapprochent le plus en termes de performance, avec une hausse de 4,4 % depuis le 31 décembre, contre 5,3 % pour l'or. Dans le même temps, l'indice S&P 500 a reculé de 8 % sur la même période.

Le graphique suivant montre la performance de l'or dans les quatre principales devises depuis le 31 décembre, et il apparaît clairement que la faiblesse de la livre sterling a procuré d'excellents rendements de 8 % aux investisseurs britanniques détenant des métaux précieux physiques.

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Nous nous intéressons maintenant au marché des contrats à terme, où les fonds spéculatifs, qui détenaient récemment une position vendeuse record sur les contrats à terme sur l'or, ont subi un resserrement modéré. Cela ressort du graphique suivant, qui présente le cours de clôture quotidien de l'or et l'intérêt ouvert.

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Depuis le pic d'intérêt ouvert de 425 659 contrats atteint le 7 janvier, celui-ci a chuté à 382 000 mercredi, dernier chiffre confirmé au moment de la rédaction. Dans le même temps, le cours de l'or a gagné 20 $, passant de 1 107 $ à 1 127 $ à la clôture de mercredi. Normalement, on s'attendrait à ce qu'une hausse du cours de l'or s'accompagne d'une augmentation de l'intérêt ouvert, car les acheteurs ouvriraient de nouvelles positions acheteuses. Or c'est l'inverse qui se produit, ce qui ne peut signifier qu'une chose : les vendeurs dénouent leurs positions et les achats réels sont peu nombreux.

Le mystère est que, les fonds spéculatifs étant pris à contre-pied, on s'attendrait à ce que les teneurs de marché fassent grimper le cours de l'or afin de clore leurs positions vendeuses correspondantes avec le meilleur profit. L'absence d'une telle action est aussi anormale que la manipulation apparente du fixing de l'argent d'hier. Une question reste donc en suspens : pourquoi les banques de métaux précieux pèsent-elles sur le cours de l'or alors qu'il y a de l'argent facile à gagner ?

Enfin, un bref mot sur la déclaration de la Fed mercredi : elle estime avoir eu raison de relever la fourchette cible du taux des fonds fédéraux en décembre, mais de nouvelles hausses de taux pourraient être suspendues. Étant donné que les banquiers centraux se parlent régulièrement, il serait intéressant de savoir ce qu'ils pensent de la décision de la Banque du Japon, la nuit dernière, d'adopter des taux d'intérêt négatifs, et si les perspectives restent tout à fait sereines pour les États-Unis.

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