À la suite de la récente vague de ventes, l'or et l'argent ont rebondi cette semaine : ce matin, lors des échanges en Europe, l'or s'échangeait à 1 957 $, en hausse de 36 $ depuis vendredi dernier, et l'argent à 25,67 $, en hausse de 75 cents sur la même période. Les échanges sur le Comex sont restés modérés pour les deux métaux, avant de s'animer quelque peu hier. Des évolutions importantes touchent les marchés en général. Les rendements des obligations du Trésor américain ont commencé à s'envoler, comme le montre notre prochain graphique.
Jusqu'à présent, l'envolée des rendements obligataires n'a pas encore sensiblement pénalisé les actions, qui sont probablement encore perçues comme une valeur refuge face à l'inflation. Mais sur le marché des changes, le yen est déstabilisé.
Si l'on garde à l'esprit qu'un chiffre en hausse correspond à un yen en baisse, celui-ci se trouve en grande difficulté. Les raisons n'en sont pas difficiles à comprendre. Les commentateurs soulignent la dépendance du Japon aux matières premières et à l'énergie importées, ainsi que la politique de taux d'intérêt négatifs maintenue par la Banque du Japon. Mais plus important peut-être, compte tenu de l'énorme portefeuille d'obligations et d'actions de la BOJ, la hausse des rendements obligataires place celle-ci en situation de fonds propres négatifs sur la base d'une valorisation de marché. En d'autres termes, il semble que ce soit le yen, plutôt que l'euro, qui cède le premier dans les circonstances actuelles.Avec la guerre en Ukraine à sa porte, ses liens financiers et bancaires avec la Russie et l'Europe de l'Est, et un taux de dépôt négatif, l'UE et son euro sont en grand danger. C'est le prochain sur la liste.

La BOJ comme la BCE ont été prises au dépourvu par l'inflation des prix et seront contraintes de relever fortement leurs taux, aujourd'hui négatifs, faute de quoi les marchés s'en chargeront à leur place. Tel est le message des marchés des changes. Or la hausse des taux met en faillite les banques centrales, ainsi que, dans le système de l'euro, les banques centrales nationales, qui se trouvent être les actionnaires de la BCE. De plus, les systèmes bancaires commerciaux les plus fortement endettés sont ceux de la zone euro et du Japon. Une crise bancaire de grande ampleur, partant des devises, se profile.
L'effondrement de deux des principales devises mondiales promet d'être spectaculaire et constitue une menace majeure pour toute l'architecture des monnaies fiduciaires. Un événement de cette ampleur nécessite souvent un déclencheur, et nous en avons peut-être eu un cette semaine également. L'Occident renforce ses sanctions financières contre la Russie et tente désormais de lui interdire de vendre ses réserves d'or. L'erreur majeure est que la Russie n'est pas vendeuse d'or contre des devises fiduciaires qu'elle ne peut pas utiliser et dont elle veut se défaire, mais acheteuse. Pavel Zavalny, président de la commission de l'énergie de la Douma de Russie, l'a confirmé hier en déclarant : « Lorsque nous commerçons avec les pays occidentaux, ils doivent payer en monnaie solide… Et la monnaie solide, c'est l'or. Ou bien ils peuvent payer en roubles. »
Boris Johnson a jeté de l'huile sur le feu en menaçant d'empêcher Poutine d'utiliser ses réserves d'or. On peut se demander comment ce commentaire est reçu par les banques centrales qui conservent leurs réserves d'or à la Banque d'Angleterre. Et plus encore par celles dont l'or fait l'objet d'un prêt ou d'un échange, et qui n'en ont donc même pas la possession en dépôt.
Les points de vue et opinions exprimés dans cet article sont ceux du ou des auteurs et ne reflètent pas ceux de Goldmoney, sauf mention expresse contraire. Cet article est fourni à titre d'information générale uniquement et ne constitue pas de la part de Goldmoney ou du ou des auteurs un conseil juridique, financier, fiscal, d'investissement ou comptable. Vous ne devez pas agir ni vous fier à une information contenue dans cet article sans avoir préalablement sollicité l'avis d'un professionnel indépendant. Le plus grand soin a été apporté pour garantir la fiabilité des informations de cet article ; toutefois, Goldmoney ne garantit pas qu'elles soient exactes, complètes, à jour et/ou qu'elles doivent être considérées comme une indication de résultats futurs, et elles ne doivent pas être considérées comme telles. Goldmoney ne saurait être tenue responsable de toute réclamation, perte, dommage ou désagrément résultant de toute information ou opinion contenue dans cet article, et toute action entreprise sur la base des opinions et informations qu'il contient l'est à vos propres risques.