Pourquoi tous les marchés financiers vont s’effondrer

Tout est question de crédit. La demande de financement des déficits publics croissants et du maintien en vie des entreprises zombies fera monter les taux d’intérêt. Cet article explique les conséquences pour les monnaies et la valeur des actifs financiers.

Tout est question de crédit

Toutes les transactions et toutes les valorisations s’expriment en crédit. L’aspect essentiel du crédit est qu’il est toujours compensé par une obligation, ou dette. Le crédit s’éteint lorsque cette obligation est acquittée ou qu’il y a défaut de paiement. Mais dans les systèmes financiers actuels, le remboursement d’une dette se fait toujours sous une autre forme de crédit, généralement le transfert de propriété d’un dépôt bancaire, lequel est lui aussi du crédit. 

Les obligations d’État et d’entreprise sont manifestement des dettes. Comme il s’agit d’engagements librement transférables, elles ont une valeur correspondante exprimée en crédit. Cette valeur est déterminée à la fois par des influences externes et par des facteurs propres à l’engagement de dette, tels que les marchés les évaluent. Par exemple, les taux d’intérêt et leurs perspectives attribuent une valeur externe à une obligation, et d’autres facteurs liés à la solvabilité de l’émetteur s’y ajoutent.

Le caractère de crédit de la détention d’obligations est incontestable. Mais les droits attachés aux actions suscitent une confusion largement répandue. La plupart des investisseurs croient que détenir des actions d’entreprise protège contre le risque de dépréciation des obligations. Ils pensent posséder une part définie de l’ensemble des biens d’une société. Il n’en est rien, car un certificat d’action est un engagement de la direction de la société à verser ou à accumuler un flux de revenus pour le compte d’un actionnaire : la détention d’un certificat d’action n’est que la preuve de cet engagement, consignée dans le registre des actions de la société. Il s’agit de la détention d’un droit sur un bien, et non de la propriété du bien lui-même.

De plus, avec le système actuel de certificats dématérialisés, à moins d’exiger la livraison de vos certificats, vous ne détenez pas réellement la preuve de votre participation de crédit. Vous disposez plutôt d’un droit à une quote-part de l’obligation globale d’une société envers ses actionnaires. Vous êtes encore plus éloigné de votre droit de propriété, votre bien n’étant en somme que du crédit au carré.

Vous pourriez penser que, pour éliminer entièrement le risque de crédit, il suffit d’acheter des biens physiques sans hypothèque. Mais vous vous heurtez alors à un autre problème : il n’existe pas de richesse absolue. En effet, la valeur de votre propriété dépend de sa facilité d’échange, et celle-ci s’exprime, devinez en quoi : en crédit.

Lorsque l’on comprend l’omniprésence du crédit dans lequel toute richesse est évaluée, il est logique que la valeur de toute chose dépende de l’équilibre entre l’offre et la demande de crédit. La seule exception est la monnaie sans risque de contrepartie, qui, selon le droit romain et les droits coutumiers des nations successeurs de l’Empire romain et de leurs colonies, est l’or, l’argent et le cuivre. Aujourd’hui, il s’agit principalement de l’or.

Mais cet article ne porte pas sur ces moyens d’échange acceptés à l’échelle internationale. Il traite du rapport entre la valeur du crédit et la valeur des produits et des biens qui s’expriment en crédit.

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