Pas de solution au problème chypriote

La crise chypriote a mis en évidence un problème de perception au cœur de la finance moderne. Chacun possède un dépôt bancaire et le considère comme sa propriété : une forme d'entreposage, en quelque sorte.

En réalité, bien sûr – comme de nombreux détenteurs d'or et d'argent en sont parfaitement conscients –, les banques fonctionnent selon le principe des réserves fractionnaires : votre argent est prêté afin de générer des intérêts pour la banque (et pour vous).

Un dépôt bancaire peut être un actif pour vous, mais il constitue un passif pour la banque. C'est à l'opposé, par exemple, des métaux détenus chez GoldMoney, qui ne constituent le passif financier de personne. Le problème est que l'on suppose qu'entre les banques et leurs clients, pour les dépôts en espèces, existe la même relation commerciale qu'avec GoldMoney.

On comprend aisément pourquoi : les dépôts sont garantis par les États et l'éducation financière des particuliers est médiocre dans de nombreux pays. Les garanties de dépôts sont particulièrement problématiques, car elles ne peuvent souvent pas couvrir les pertes liées aux créances douteuses, compte tenu de l'effet de levier excessif des banques modernes (les actifs bancaires à Chypre représentent huit fois le PIB du pays). James Turk en parle plus en détail dans une nouvelle interview accordée à King World News. Les déposants sont donc bercés d'un faux sentiment de sécurité.

En vérité, il n'existe aucune solution à la déroute chypriote qui ne fasse peser les pertes sur les déposants ou sur les contribuables du nord de la zone euro (notamment les Allemands). Mais comme 2013 est une année électorale en Allemagne – et qu'un nombre croissant d'Allemands sont désabusés à l'égard de l'euro et de l'UE –, Angela Merkel se doit de paraître aussi ferme que possible face à Chypre, à la Grèce et à l'Espagne. Aucun argent allemand supplémentaire n'est donc envisagé.

Les seules autres options sont que la BCE fasse tourner la planche à billets ou que les Russes viennent à la rescousse. Mais la BCE répugne à recourir aux mesures d'assouplissement quantitatif illimité observées au Royaume-Uni et aux États-Unis, tandis que les discussions avec les Russes ont échoué.

Le week-end s'annonce donc intéressant. La semaine prochaine pourrait être animée pour l'or.

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