Où sont les haussiers ?

Le Comex est en pratique la plus grande mine d'or et d'argent, les livraisons effectives (« stand for delivery ») constituant une source de métal précieux. La conversion de l'or et de l'argent papier en métal précieux est désormais manifeste. Elle ne peut pas durer.

Graphique de l'or et de l'argent

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Comme l'illustre notre graphique principal, l'or et, surtout, l'argent ont connu une bonne semaine, leurs cours continuant de progresser. Lors des échanges européens ce matin, l'or s'établissait à 3 860 $, en hausse de 101 $ par rapport à la clôture de vendredi dernier. L'argent, à 47,33 $, gagnait 1,30 $ sur la semaine. Depuis le début de l'année, l'or progresse de 47 % et l'argent de 63 %.

La question que tout le monde se pose est de savoir si cette hausse va se poursuivre.

La réponse semble être affirmative. Observez la relation entre l'intérêt ouvert sur le Comex et le prix du contrat sur l'argent :

Graphique montrant le prix de l'argent

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La hausse de 63 % de l'argent a été provoquée par un violent short squeeze sur le Comex, et non par l'intérêt des spéculateurs, qui évolue globalement à l'horizontale depuis dix-huit mois. En théorie, les banques de métaux précieux détiennent des positions vendeuses sur le Comex pour couvrir leurs positions acheteuses sur le LBMA. Mais la backwardation et les taux de prêt élevés à Londres montrent qu'il n'en est rien : Londres subit elle aussi ce squeeze. Et si les vendeurs à découvert semblent tenir leurs positions en contenant l'intérêt ouvert, c'est la flambée des prix qui leur porte préjudice.

Ce contrat est devenu quelque chose que personne n'attendait : un mécanisme de livraison pour des acheteurs exigeant du métal précieux physique. Cette semaine, les livraisons effectives d'argent au cours des quatre premiers jours ont porté sur 393 tonnes, portant le total de l'année à 11 244 tonnes. Cela représente 60 % de la production minière totale estimée depuis le début de l'année. En fait, le Comex est la plus grande mine d'argent du monde, et les tensions commencent à se faire sentir.

Il en va de même pour l'or. Les quatre premiers jours de cette semaine ont vu des livraisons effectives totalisant 86,6 tonnes, ce qui porte le total annuel à 990 tonnes. C'est trois fois la production annuelle de la Chine, ce qui fait aussi du Comex le premier producteur d'or. La relation entre l'intérêt ouvert sur le Comex et le prix est présentée ci-dessous :

Un graphique montrant le prix de l’or

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Là encore, bien que l'intérêt ouvert soit volatil, sa tendance baissière alors que le prix monte atteste clairement d'un squeeze systémique sur les opérateurs des banques de métaux précieux de l'establishment, et non d'une demande spéculative. De fait, au sein d'un intérêt ouvert modeste, la catégorie des spéculateurs détient des positions vendeuses totalisant 92 088 contrats selon le dernier rapport Commitment of Traders (23 septembre). Ils espèrent sans doute ne pas devoir livrer de l'or qu'ils n'ont manifestement pas. Et ils devraient racheter ces positions, quoi qu'ils fassent par ailleurs.

La valeur des positions vendeuses brutes et nettes de la catégorie des swaps est à des niveaux historiques et doit leur coûter très cher à chaque hausse de 100 $ du cours de l'or :

Graphique des cours d'actions vendues à découvert

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La position vendeuse brute coûte au total 108,5 milliards de dollars à 28 participants, soit plus de trois fois le niveau d'avant la Covid.

Les confinements liés à la Covid ont assurément déstabilisé l'économie mondiale, entraînant une explosion de la dette dans les pays à État-providence. C'est cette explosion qui inonde le monde de crédit, fausse la valeur des actifs et érode le pouvoir d'achat des monnaies. Cette bulle de dette et de crédit fait voler en éclats le système des monnaies fiduciaires, alors que la Chine, la Russie et leurs alliés de l'Organisation de coopération de Shanghai, des BRICS et, plus largement, du Sud global cherchent tous à se mettre à l'abri.

Jusqu'à présent, les investisseurs occidentaux semblent ignorer, dans une paisible inconscience, ce qui se passe, mais certains commencent tout juste à comprendre qu'ils devraient acheter de l'or ou, s'ils ressentent le besoin de rattraper leur retard, peut-être de l'argent. La demande d'ETF est le meilleur indicateur de cet éveil. Mais, comme le montre le graphique du World Gold Council, les montants investis dans les ETF restent dérisoires au regard des portefeuilles mondiaux, estimés à plus de 300 000 milliards de dollars.

Graphique de la croissance et du prix

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Les réajustements de portefeuilles en faveur de l'or, de l'argent et des matières premières en général restent à venir. Et lorsqu'ils interviendront, le Comex et Londres seront inévitablement confrontés à des défis bien plus considérables qu'un short squeeze à l'ancienne.

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