Dans le numéro de juin 1965 de theEconomic Journal, Harry G. Johnson ouvre son article par une phrase qui semble calibrée à l’ampleur de l’ouvrage dont il a entrepris le compte rendu : « La très attendue histoire monétaire des États-Unis de Friedman et Schwartz est, à tous égards, une réussite universitaire monumentale : monumentale par son volume même, monumentale par le caractère définitif de son traitement d’innombrables questions, grandes et petites. . . monumentale, surtout, par l’effort et l’ingéniosité, théoriques et statistiques, déployés pour résoudre des questions économiques complexes et subtiles. »
Friedman et Schwartz ont réuni d’importantes données historiques et recouru à une analyse rigoureuse pour soutenir que la politique monétaire, c’est-à-dire le contrôle régulier de la masse monétaire, joue un rôle capital dans la gestion de l’économie d’un pays, en particulier face aux fluctuations économiques graves. Dans leur influent chapitre 7, The Great Contraction, que Princeton a publié en 1965 sous forme de livre de poche distinct, ils traitent de l’événement économique central du siècle, la Grande Dépression. Selon Hugh Rockoff, écrivant en janvier 1965 : « Si les grandes dépressions pouvaient être évitées grâce à des mesures opportunes de l’autorité monétaire (ou d’une règle monétaire), comme Friedman et Schwartz l’avaient soutenu, alors les arguments en faveur des économies de marché s’en trouvaient nettement renforcés. »