Les politiques monétaires expérimentales exploseront à la figure des planificateurs centraux

Le cours de l’or continue d’osciller entre 1 370 et 1 400 dollars l’once troy, toujours incapable de progresser, mais bénéficiant aussi d’un soutien notable, bien 4 % au-dessus de son plus bas d’avril. De même, l’argent semble se maintenir au-dessus de son récent plus bas de 20,10 dollars l’once.

L’incapacité des expériences monétaires japonaises à susciter ne serait-ce qu’une croissance économique nominale semble pousser investisseurs et décideurs au désespoir au pays du soleil levant. Reste à voir si les partisans de l’« Abenomics » sont réellement prêts à tout tenter. Ils ont bien parlé de « liquidité illimitée ». Mais ils enfoncent une porte ouverte, et finiront (à terme) par tomber de tout leur long. Il n’y a pas de fin heureuse pour la situation de la dette du Japon, comme pour celle d’innombrables autres pays.

En Europe, où le « whatever it takes » de Mario Draghi semblait lui aussi impliquer une approche de bar ouvert en matière de liquidités, ceux qui seront le plus probablement appelés à régler l’addition ont très raisonnablement commencé à tenter d’y mettre une certaine limite. Étant donné que toute la remontée des obligations et des actions de la périphérie de la zone euro a commencé presque exactement à la date où Draghi a prononcé ces mots (le 26 juillet 2012), et que toute la « reprise miraculeuse » reposait entièrement sur la promesse d’argent gratuit illimité, on peut s’attendre à ce que les propos de la Cour constitutionnelle allemande sur les achats d’obligations de la BCE provoquent un vent de panique.

La situation est en réalité bien pire qu’en juillet 2012, car aucun des pays concernés n’a mis à profit le temps gagné grâce à la BCE pour réduire son endettement et équilibrer son budget. Pire encore, ils ont fait pression sur leurs banques pour qu’elles se chargent de dette souveraine, les rendant extrêmement vulnérables à une nouvelle hausse des rendements. Si le défaut grec a eu un effet de cascade sur Chypre, il suffit d’attendre que la dette souveraine italienne ou espagnole subisse une décote. Aucune grande banque européenne ne sera à l’abri, pas plus que l’euro, cet adolescent.

Comment se protéger de ce risque de défaut, de change et, plus largement, de risque systémique ? C’est simple : épargner dans une monnaie indépendante des systèmes politique et bancaire. C’est la seule assurance contre les politiques monétaires expérimentales, d’autant que l’histoire montre comment ces expériences tendent à se terminer.
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