Le point de vue de Glazyev et la Troisième Guerre mondiale

« L’Occident nous a déclaré la guerre… Et maintenant, nous allons distribuer des armes nucléaires à quiconque peut les utiliser contre l’Occident » — Aleksandr Douguine 

La réaction des cercles gouvernementaux russes à l’attaque à la bombe à sous-munitions menée à Sébastopol dimanche dernier montre clairement que les Russes perdent patience face à l’implication directe de l’OTAN en Ukraine. Après avoir résisté à la tentation de céder à la provocation que constitue la belligérance croissante de l’OTAN, Poutine va-t-il désormais rendre coup pour coup, son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, ayant déclaré qu’il y aurait des conséquences ?

Il est toujours judicieux de prendre le temps d’essayer de comprendre comment les autres voient les choses. Et rien n’est plus important aujourd’hui que de le faire à propos des malentendus entre la Russie et la Chine d’un côté, et l’Amérique et l’Europe de l’autre.

À la recherche d’indices, j’ai été amené à lire le livre de Sergueï Glazyev : The Last World War: The US to Move and Lose (« La dernière guerre mondiale : les États-Unis joueront et perdront »), publié à Moscou en 2016. Il ne s’agit pas d’une critique de cet ouvrage en tant que tel, mais plutôt d’un commentaire sur nos divergences avec la Russie dans le contexte du conflit géopolitique actuel. 

Les événements ont évolué au cours des huit années écoulées depuis la parution du livre. Celui-ci faisait suite à la révolution de 2014 en Ukraine, qui, d’après les déclarations américaines et WikiLeaks, nous le savons, était soutenue par les États-Unis. En un sens, le livre est prophétique, puisque, comme le suggère son titre, les événements en Ukraine nous poussaient vers une nouvelle guerre mondiale.

Glazyev est l’un des deux principaux économistes russes à contribuer régulièrement au Club d’Izborsk, un groupe de réflexion conservateur dont le philosophe Aleksandr Douguine est un membre éminent. Le Club se tourne vers l’époque où la Russie était grande, et ses auteurs soutiennent le contrôle de la moralité publique par l’État. Le Club semble peu condamner les méthodes de contrôle idéologique de Staline, et cette absence de condamnation se retrouve également dans le livre de Glazyev.

On dit que les membres du Club d’Izborsk influencent la pensée de Poutine. Et nous savons avec certitude que Glazyev, Douguine et d’autres noms moins familiers en Occident font ou ont fait partie du premier cercle de Poutine. Nous pouvons donc probablement supposer que les idéologies de Glazyev et des autres membres du Club d’Izborsk sont globalement partagées par Poutine.

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