La « Troïka » (Commission européenne, BCE et FMI) et le gouvernement chypriote sont parvenus à un accord sur un nouveau plan de sauvetage pour Chypre (un plan qui, fort commodément, ne nécessite pas l’approbation du Parlement chypriote, car il n’est pas considéré comme un « impôt »).
Les déposants de la Bank of Cyprus dont l’épargne est inférieure à 100 000 € seront épargnés, mais ceux dont les avoirs dépassent ce seuil subiront des pertes pouvant atteindre 40 %. La banque Laiki sera liquidée, et ses déposants couverts par la garantie seront transférés à la Bank of Cyprus. ZeroHedge rapporte des déclarations de responsables européens, selon lesquelles les déposants non garantis d’une autre banque, Cyprus Popular, seront « en grande partie anéantis ».
En conséquence, Berezovsky ne sera peut-être pas le dernier suicidé russe. Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a d’ailleurs réagi avec fureur à cet accord, déclarant : « à mon avis, le vol de ce qui a déjà été volé continue. » Le président Vladimir Poutine envisagerait de restructurer le prêt de 2,5 milliards d’euros que la Russie a déjà accordé au gouvernement chypriote, et qui arrive à échéance en 2016.
Comme le souligne Robert Wenzel, de nombreux épargnants chypriotes seront touchés par cette confiscation. Le pays ne dispose d’aucun marché boursier significatif, ce qui signifie que les Chypriotes ordinaires n’ont véritablement que deux options facilement accessibles en matière d’épargne et d’investissement : les banques et l’immobilier. Ils ont donc tendance à détenir des dépôts plus importants que les Américains et les autres Européens. C’est aussi pourquoi les banques chypriotes dépendent davantage des dépôts pour se financer, plutôt que des émissions d’actions ou d’obligations.
La source de Wenzel s’attend à ce que des problèmes bancaires surviennent ensuite en Slovénie. Les banques italiennes et espagnoles demeurent elles aussi très fragiles. Qui, de nos jours, se sentirait à l’aise de détenir d’importants dépôts bancaires dans ces pays ?