La récession est désormais le sujet central

Les marchés actions ont retrouvé un peu de sérénité cette semaine, ce qui a permis à l’or de se stabiliser. Mais comment se comporteront-ils la semaine prochaine, et quelles en seront les conséquences pour l’or et l’argent ?

 

Un graphique linéaire

Description générée automatiquement avec un niveau de confiance moyen

Cette semaine, l’or s’est consolidé en faisant preuve d’une remarquable résistance, tandis que l’argent a été moins résilient. En début de séance européenne ce matin, l’or au comptant s’établissait à 2 425 $, en recul de 17 $ par rapport à la clôture de vendredi dernier, tandis que l’argent s’inscrivait à 27,52 $, en baisse d’un dollar sur la même période. Hormis jeudi matin, on a peu constaté de demande nocturne d’or en provenance d’Asie avant le fixing du matin à Londres, ce qui laisse penser que la turbulence des marchés actions a un effet dissuasif sur les spéculateurs chinois.

Le fait que l’or résiste mieux que l’argent dans ces conditions confirme que la demande orientale de métal précieux demeure solide, les banques chinoises absorbant discrètement tout ce qui est proposé. Cela limite les tentatives des opérateurs des banques de métaux précieux, au Comex et à Londres, de réduire leurs positions. Ils se sont donc concentrés sur l’argent, dont ils tirent sans aucun doute de très importants profits en exploitant les fortes variations.

Les deux graphiques suivants montrent à quel point la situation technique de l’argent diffère de celle de l’or au Comex.

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L’intérêt ouvert sur l’or a rapidement diminué alors que le cours est resté à moins de 3 % de ses plus hauts historiques, ce qui reflète le manque de liquidité en métal physique. Pour l’argent, la baisse du cours s’accompagne d’une baisse de l’intérêt ouvert. C’est normal : cela traduit le fait que les spéculateurs sont malmenés par l’establishment. Le sous-entendu est qu’avec l’entrée des États-Unis en récession, la demande de matières premières industrielles va diminuer. Le cuivre suit également ce schéma.

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En réalité, les marchés, trop centrés sur les États-Unis, font preuve de myopie en pensant que l’Asie n’existe pas. La Chine doit se réjouir de la baisse des prix du cuivre et d’autres matières premières, liée au dénouement de la spéculation occidentale, car ce sont les intrants de son économie fondée sur la production. Mais ce n’est pas la question urgente pour les marchés de capitaux occidentaux, la préoccupation immédiate étant la baisse des actions déclenchée par des ventes liées au yen. Cette semaine, les marchés mondiaux se sont stabilisés après un choc initial. Mais pour mettre cela en perspective, le graphique suivant représente l’indice S&P 500 :

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Le changement de sentiment date de moins d’un mois, et l’on parle désormais de plus en plus de récession. C’est une mauvaise nouvelle pour les actions, et cela suffit à expliquer ce changement de sentiment. Mais la Fed est tenue par son mandat de lutte contre l’inflation et ne peut pas encore l’abandonner. Par conséquent, le rebond de cette semaine risque de n’être qu’un simple rebond, et les semaines à venir pourraient voir de nouvelles baisses sur des marchés actions très chers par rapport aux obligations sur le plan de la valorisation. Le graphique suivant montre que cet écart de valorisation indique toujours que les actions sont à des niveaux de cherté records.

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Pour cette raison, et en raison des discours sur la récession, les actions risquent davantage de continuer à baisser, peut-être même de façon spectaculaire. Dans ce cas, il faut s’attendre à de nouvelles tentatives pour évincer les spéculateurs à l’achat sur les métaux précieux au Comex, voire à la Bourse à terme de Shanghai. Cela devrait avoir moins d’effet sur l’or que sur l’argent. Mais tout cela relève du très court terme. Et à un moment donné, on réalisera que la baisse des actions oblige la Fed à abaisser ses taux d’intérêt et à réintroduire l’assouplissement quantitatif, ce qui est hautement inflationniste, et que l’or est beaucoup trop bon marché.

D’ici là, l’or semble susceptible de conserver sa valeur malgré les difficultés des marchés actions, tandis que l’argent est peut-être plus vulnérable à une vente à court terme. Mais dès que l’or repartira à la hausse, l’argent devrait s’envoler, le ratio or/argent atteignant déjà 88 fois. C’est notre dernier graphique.

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