Comme dans tous les domaines de la vie, avoir un QI élevé est largement avantageux lorsqu'on investit. Cela aide à trouver les bonnes informations, à les analyser et à « savoir quoi faire ». C'est assez simple. Mais il y a une grande différence entre « savoir bien faire » et « bien faire ».
Avant de créer, il y a plusieurs années, mon entreprise de levée de capitaux, j'étais directeur dans l'une des plus grandes sociétés immobilières privées au monde. Presque chaque jour, j'étais en contact avec de nombreuses personnes qui avaient gagné des dizaines de millions de dollars dans l'immobilier. Étaient-elles particulièrement brillantes ? Non. En savaient-elles plus sur l'immobilier que quiconque ? Non. Alors comment étaient-elles devenues si riches ? Elles ont bien agi : tout réside dans l'exécution.
Elles avaient la bonne psychologie. Elles ne paniquaient pas lorsque le marché leur était défavorable et, même si elles avaient parfois pu hésiter, l'immobilier étant un actif si peu liquide et à l'évolution si lente, elles avaient largement le temps de changer d'avis : conserver des actifs qu'elles auraient pu vendre et acquérir ceux qu'elles s'apprêtaient à abandonner. Toutes avaient des convictions sur divers segments du marché, auxquelles elles sont restées fidèles, gagnant beaucoup d'argent au passage.
Malheureusement, l'or et l'argent sont des marchés où la grande liquidité du produit peut jouer contre vous, et c'est souvent le cas. Ainsi, lorsque la peur vous pousse à changer d'avis, vous cliquez sur le bouton de vente. Le temps de retrouver vos esprits, il est trop tard. La transaction a été exécutée.
Malgré les récentes révisions à la baisse du FMI et le rétropédalage rapide de Bernanke, le consensus général semble être que l'économie mondiale est en reprise. Les faits suggèrent fortement le contraire. Ce sentiment de dollar à l'achat, d'or à la vente et de reprise américaine a poussé un troupeau d'investisseurs à se ruer vers la sortie sur l'or et l'argent. Manifestement paniqués par l'effondrement des cours, ils n'accordent que peu ou pas d'attention à leur propre analyse. La célèbre citation de Warren Buffett – « Soyez craintif lorsque les autres sont avides, et avide lorsque les autres sont craintifs » – est largement ignorée. Or, compte tenu des fondamentaux de ce secteur, s'il fallait un jour écouter M. Buffett, c'est bien maintenant.
Nous savons tous que la volatilité peut être éprouvante, les positions variant fortement d'un jour à l'autre. Mais pendant ce temps, les mines continuent de produire de l'or (que l'on ne peut pas imprimer) et, pour chaque vendeur consentant, il y a un acheteur consentant. Compte tenu des achats récents en Russie, en Chine et en Inde, il est probablement juste de dire que bon nombre de ces acheteurs ne vendront pas avant très longtemps. Ils voient l'ampleur de la création monétaire en cours et, dans bien des cas, connaissent bien mieux la pauvreté que nous. Ils achètent de l'or et de l'argent comme une assurance plutôt que comme un investissement.
La volatilité est une occasion de se renforcer et d’acheter davantage plutôt que de céder à la panique et de se précipiter vers la sortie. Comme certains de leurs homologues très fortunés de l’immobilier, ils croient en l’actif, savent pourquoi ils l’achètent et – point crucial – ont le tempérament nécessaire pour traverser les corrections inévitables.
Appelons cela la bonne psychologie, voulez-vous ?