La menace qui pèse sur les produits dérivés de matières premières

Depuis des années, les haussiers de l’or et de l’argent se plaignent de l’utilisation des produits dérivés pour étouffer les cours de ces métaux. Leur espoir de voir cette pratique cesser pourrait bientôt se réaliser.

Introduction

À la réflexion, il existe une raison simple pour laquelle les produits dérivés servant à spéculer sur l’or ou à s’en couvrir sont fondamentalement viciés : dans la common law de presque tous les pays, l’or est de la monnaie, tandis que les devises sont un crédit de rang inférieur, c’est-à-dire là où se situe réellement le risque de paiement. Le fait que l’establishment financier occidental ignore cette réalité ne change rien au droit.

Cette question a son importance. L’or demeure une monnaie légale, et le crédit est reconnu séparément comme un paiement différé en monnaie, depuis que la Loi des Douze Tables de Rome les a définis, ainsi que leur relation, en 449 av. J.-C. Depuis lors, les gouvernements ont à de nombreuses reprises nié ces faits et promu leurs devises à la place de l’or, ce qui s’est toujours soldé par l’effondrement de ces dernières.

Dans toute relation de prix faisant intervenir un moyen d’échange, il existe une valeur objective et une valeur subjective. La valeur objective réside toujours dans le moyen d’échange, et la valeur subjective dans les biens ou services échangés. Autrement dit, l’acheteur et le vendeur accordent la même valeur à la monnaie ou à son substitut, mais l’acheteur valorise davantage les biens ou services que le vendeur : sans quoi l’échange n’aurait pas lieu. Mais si l’or est la monnaie, quelle place reste-t-il pour une monnaie fiduciaire ?

De toute évidence, si la devise n’est pas un substitut crédible de l’or, c’est elle qui devrait porter la valeur subjective par rapport à l’or. Si elle n’est pas perçue ainsi, c’est en partie à cause de la propagande gouvernementale contre l’or, mais surtout parce que la comptabilité se tient dans la monnaie de l’État à des fins fiscales. En outre, si un étalon-or se définit toujours comme une devise échangeable contre un poids donné d’or, on l’exprime par commodité en un certain nombre d’unités monétaires par gramme ou par once. Cela donne l’impression erronée que l’or est coté dans la devise subordonnée.

Soit, mais sachant qu’une monnaie fiduciaire finit toujours par échouer alors que l’or en tant que monnaie ne faillit jamais, la reconnaissance de cette réalité finira par éliminer tout produit dérivé sur l’or ; et si le marché des dérivés évolue sans s’effondrer entièrement, il devrait alors exprimer les monnaies fiduciaires en grammes d’or, ou mieux encore dans un substitut crédible de l’or, s’il en existe un. 

Il convient de garder à l’esprit, dans le contexte de cet article, que les produits dérivés sur l’or ne devraient pas exister en premier lieu.

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