La psychologie des foules et les flux de capitaux spéculatifs qui entrent dans les classes d'actifs et en sortent font vivre les marchés. Les indicateurs statistiques donnent souvent une bonne image de ce qui vient de se passer, mais, comme nous l'avons vu la semaine dernière à propos des chiffres du chômage, qui sont un indicateur retardé, extrapoler une tendance vers l'avenir n'est pas une manière satisfaisante de faire des prévisions.
Souvent, qu'il s'agisse du sommet de l'enthousiasme pour la « nouvelle économie » autour de l'an 2000 ou du creux de la récession du début des années 1980, la réalité déjoue les attentes. En effet, lorsque tout le monde se trouve du même côté du marché, celui-ci ne peut plus aller que dans une seule direction : l'autre.
Dans cette optique, il est intéressant d'examiner les données COT actuelles sur les contrats à terme sur l'or dans le contexte de l'air du temps économique. Comme le montrent les graphiques du site de Jesse, les petits spéculateurs détiennent désormais une position nette acheteuse sur les contrats à terme sur l'or du Comex encore plus faible qu'à la fin de 2008, après l'effondrement de l'or durant l'été et l'automne 2008. Leurs positions acheteuses et vendeuses sont aujourd'hui pratiquement à l'équilibre. Il en va de même, dans une moindre mesure, de la position nette des gérants de fonds. La ferveur spéculative à l'égard de l'or est à son plus bas niveau depuis des années.
Considérons ensuite le discours dominant : les banquiers centraux gèrent avec succès la reprise économique grâce à leurs politiques d'assouplissement quantitatif, la locomotive américaine sort le monde de l'ornière et il n'y a aucune perspective d'inflation sérieuse. Les fondamentaux économiques justifient-ils ces points de vue ? Nous ne le pensons pas.
Il est notoirement difficile de repérer les points bas sur n'importe quel marché, et il se peut que l'or et l'argent aient encore à baisser avant que tout le monde ne soit du côté vendeur du marché (y compris certains anciens fervents partisans). Cela ne fait que préparer le terrain d'une appréciation à plus long terme, puis d'une éventuelle euphorie.