Une nouvelle vague de demande asiatique pourrait commencer à soutenir l’or et l’argent. Les opérateurs surveilleront les signes d’un retour de la demande nocturne avant le fixing du matin à Londres.

L’or et l’argent ont connu une meilleure semaine : ce matin, dans les échanges européens, l’or s’établit à 2 366 $, en hausse de 33 $, et l’argent à 30,45 $, en hausse de 93 cents. Les marchés américains étaient fermés mercredi pour le jour férié de la mi-juin, et à la reprise des échanges hier (jeudi), l’or et l’argent ont tous deux fortement progressé.
Dès l’ouverture jeudi, un short squeeze semblait animer les cours. Les échanges nocturnes ont conduit à une forte ouverture à Londres, ce qui indique peut-être une reprise de la demande physique chinoise et/ou indienne durant la nuit. Le volume de l’or au Comex a modérément augmenté, mais celui de l’argent a bondi, porté par une demande manifestement soutenue. Les graphiques ci-dessous l’illustrent :

Récemment, une forte hausse de l’argent a souvent précédé celle de l’or. Cela concorde avec une demande réelle d’argent provoquant un squeeze sur l’or. Mais un autre facteur entre en jeu : une forte remontée du pétrole :

Depuis le 4 juin, le WTI a progressé de 11 %. Les métaux, tels que le cuivre, ont cessé de baisser. Il est encore tôt, mais il semble que l’ensemble des matières premières pourrait reprendre sa tendance haussière, en commençant par le pétrole. L’intérêt pour l’or tient à ce que celui-ci peut être considéré comme un indicateur de la valeur des matières premières, ce que reflète l’un de mes graphiques préférés, établi à l’origine par mon collègue James Turk :

J’ai comparé les prix en dollars et en or pour plusieurs autres matières premières, avec des résultats similaires. La volatilité des prix se manifeste toujours en dollars et non en or, qui est beaucoup plus corrélé à l’ensemble des matières premières. Il s’ensuit que, si les prix de l’énergie et des matières premières augmentent, le facteur le plus important est le recul du dollar, ce qui est favorable à l’or.
Si je le mentionne, c’est en raison du signal que nous envoie le prix du pétrole. Plus précisément, qu’est-ce qui est susceptible de faire baisser le dollar et les devises associées en termes de pouvoir d’achat, et donc par rapport à l’or ?
L’analyse conventionnelle désigne les taux d’intérêt. Des données économiques américaines plus faibles, la baisse du taux de dépôt par la BCE et le repli de l’inflation britannique à l’objectif de 2 % convainquent les marchés obligataires que les baisses de taux ont commencé et se poursuivront. Or, on estime que des taux plus bas sont favorables à l’or. C’est vraisemblablement ce raisonnement qui explique la légère reprise de l’Open Interest au Comex :

Il reste inférieur au seuil de survente de 450 000 contrats. Mais la catégorie spéculative Managed Money (fonds spéculatifs) est légèrement en surachat sur une base nette :

L’exposition nette longue moyenne à long terme est d’environ 110 000 contrats, représentée par la ligne en pointillés. Toutefois, s’agissant d’un chiffre net, la position actuelle reflète un faible niveau de positions courtes, qui ont diminué de près de 27 000 contrats au cours du dernier mois, plutôt que des positions longues haussières.
La liquidation des stocks de métaux précieux des ETF s’essouffle et, combinée à une nouvelle vague de demande d’Extrême-Orient, elle laisse les marchés de capitaux occidentaux à court de métaux précieux. Ces marchés sont manifestement difficiles pour les Swaps, constitués en majorité des desks de négociation des banques de métaux précieux, dont les opérateurs travaillent sur de petits écarts dans un contexte de disponibilité physique de plus en plus limitée.
Les indices de la performance des prix de la semaine prochaine se trouveront dans les schémas de négociation précédant le fixing du matin à Londres. S’ils commencent à refléter la demande asiatique nocturne, nous pourrions entamer la prochaine phase haussière.
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