La crise est à nos portes

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Au cours d'une semaine extraordinairement agitée sur les marchés obligataires mondiaux, l'or et l'argent ont progressé. Lors des échanges européens ce matin, l'or s'établissait à 1 672 $, en hausse de 28 $ par rapport à la clôture de vendredi dernier. L'argent, à 19,16 $, gagne 31 cents.

L'événement majeur a été l'effondrement des échéances longues du marché des gilts britanniques, qui a contraint la Banque d'Angleterre à intervenir en achetant 65 milliards de livres sterling de gilts longs mercredi. La situation découle du recours des fonds de pension à l'effet de levier sur leurs portefeuilles de gilts, par le biais de swaps de taux d'intérêt et de pensions livrées, jusqu'à sept fois, afin de couvrir leurs engagements actuariels au moyen de l'investissement piloté par le passif (LDI). Avec plus de 1 000 milliards de livres sterling en circulation, une spirale de ventes destinées à répondre aux appels de marge constituait une crise naissante qu'il fallait enrayer.

Ce fut un signal d'alarme pour les investisseurs, qui ignoraient jusqu'à l'existence des LDI, et plus encore le moment « Lehman » qu'ils ont provoqué. Les LDI sont également répandus dans l'UE et aux États-Unis ; il est donc peu probable que le problème reste limité à Londres.

Un temps de réflexion a mis fin à la ruée précipitée de toutes les devises vers le dollar, comme le montre le graphique de l'indice du dollar pondéré par les échanges commerciaux (TWI) :

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D'un sommet de 114,78 mercredi, le TWI est retombé à 111,61 ce matin. Il est évidemment trop tôt pour affirmer que le dollar a atteint son point culminant, mais compte tenu du poids des capitaux spéculatifs positionnés à l'achat sur le dollar et à la vente sur tout le reste, les probabilités d'un retournement significatif sont élevées.

L'or et l'argent en ont bénéficié. Les deux métaux sont fortement survendus au Comex : selon le dernier rapport Commitment of Traders (20 septembre), les fonds spéculatifs (Managed Money) étaient vendeurs nets de plus de 8 000 contrats sur l'argent et de 36 695 contrats sur l'or. Depuis, ces positions vendeuses ont probablement augmenté, mais nous en saurons davantage avec la mise à jour publiée ce soir après la clôture des marchés américains.

Le Comex enregistre un niveau remarquable de contrats donnant lieu à livraison. Rien que ce mois-ci, 37 tonnes d'or ont fait l'objet d'une demande de livraison, ce qui indique que, tandis que les fonds spéculatifs jouent leur partie et que les banques de métaux précieux compriment les cours pour couvrir leurs positions vendeuses, un ensemble de particuliers fortunés, d'investisseurs de long terme et peut-être de banques centrales de moindre taille vident le marché de son métal précieux physique.

Les conditions d'un violent rachat forcé de positions vendeuses, semblable à celui qui a eu lieu entre mars et août 2020, semblent désormais réunies. Selon des témoignages ponctuels, des particuliers du monde entier sont à présent suffisamment inquiets pour vider les stocks de pièces et de petits lingots des détaillants.

Alors que la hausse des taux d'intérêt et des rendements obligataires ne fait que commencer, une crise a déjà éclaté sur les gilts britanniques et les fonds de pension. L'inflation des prix à la consommation, qui dépasse 10 % un peu partout et promet de s'y maintenir, confirme que les taux restent encore bien trop bas. D'autres crises suivront donc, impliquant des swaps et des pensions livrées, en plus d'une contraction du crédit bancaire.

De plus en plus, ceux qui souhaitent sortir d'un système de crédit en monnaie fiduciaire qui implose se tournent vers la vraie monnaie, c'est-à-dire uniquement l'or et l'argent physiques.

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