La crise bancaire s'installe

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L'or et l'argent ont consolidé leurs gains récents avant de repartir à la hausse pour tester des niveaux plus élevés. Lors des échanges matinaux en Europe, l'or s'établissait à 1 992 $, en hausse nette de 4 $ par rapport à la clôture de vendredi dernier. L'argent a surperformé l'or à 23,15 $, en hausse de 55 cents. Comme le montre le graphique suivant, l'intérêt ouvert sur l'or a augmenté depuis les plus bas de février, mais dispose encore d'une marge de progression considérable.

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Les analystes qui suivent les indicateurs de force relative affirment que l'or et l'argent sont en situation de surachat, mais ils observent le mauvais indicateur. L'intérêt ouvert du Comex montre clairement une hausse des positions des spéculateurs, qui constituent l'un des côtés de l'intérêt ouvert, lequel a progressé de près de 55 000 contrats depuis février. Mais cet indicateur a encore un potentiel de hausse considérable avant de signaler un net surachat à 600 000 contrats.

La position sur l'argent est stupéfiante, il n'y a pas d'autre mot. L'intérêt ouvert est à son niveau le plus bas possible. Ce graphique est présenté ci-après.

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À seulement 119 281, l'intérêt ouvert n'a pas été aussi bas depuis de nombreuses années. Cela traduit une absence totale d'optimisme dans la catégorie des gérants de fonds (« Managed Money », les spéculateurs des fonds spéculatifs). Cette divergence par rapport à l'or s'explique de manière évidente : les orages qui s'accumulent au-dessus des banques mondiales. Ils ont suscité une véritable demande de couverture sur les contrats d'or, mais pas sur ceux d'argent, qui est considéré davantage comme un métal industriel que comme une couverture financière.

Cela dit, les métaux industriels se sont eux aussi discrètement raffermis, le cuivre gagnant 5 % au cours du dernier mois, tandis que les prix de l'énergie ont reculé d'environ 8 %. Mais l'essentiel tient à la défaillance des banques. Si nous avons bien conscience d'une ruée des déposants sur certaines banques, déclenchée par la crainte du risque de contrepartie, nous sommes moins conscients d'une ruée sur l'or physique (et, dans une moindre mesure, sur l'argent), alors que les Asiatiques se défont de leurs dollars pour acquérir du métal précieux. 

Nous le constatons dans une série de chiffres tout à fait différents et sans rapport. Alors que les cours des actions bancaires aux États-Unis, dans l'UE, au Royaume-Uni, en Suisse et au Japon s'effondrent, ils progressent en Chine. En d'autres termes, la crise bancaire et du crédit est un phénomène exclusivement occidental, auquel les Asiatiques cherchent à échapper.

Mais pour revenir aux marchés papier, l'or semble se consolider en vue d'un assaut du seuil des 2 000 $. Il existe sans aucun doute des acheteurs à court terme, guidés par l'arbitrage vente de dollars/achat d'or et inversement, qui inverseront leurs positions au moindre signe de rebond de l'indice du dollar pondéré par les échanges commerciaux, ou seront évincés par les banques de métaux précieux qui ont pris la position vendeuse.

À titre indicatif, voici le graphique technique, qui suggère qu'une consolidation supplémentaire du cours de l'or en dollars serait saine.

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Le franchissement de ces moyennes mobiles très suivies confirme que l'ensemble du mouvement s'inscrit dans une séquence haussière, mais la consolidation latérale amorcée à partir du niveau de 2 070 $ en août 2020 reste intacte. Les spécialistes des figures graphiques ne seront pleinement satisfaits que lorsque le cours l'aura franchie de façon convaincante.

Pour l'argent, le niveau équivalent atteint en août 2020 et en février 2021 est de 30 $. Mais pour l'instant, tout tient à une crise bancaire et à l'achat d'or physique.

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