Le recul de Trump sur le cuivre affecte tous les métaux. Les droits de douane américains sont en plein désordre et se retournent violemment contre l’économie américaine et le dollar. Les arguments en faveur de l’or et de l’argent n’en sont que plus solides.

Le contrat d’août du Comex arrivant à échéance et le cuivre s’effondrant, il n’est guère surprenant que les métaux précieux aient reculé cette semaine. Lors des échanges européens de ce matin, l’or s’établissait à 3 294 $, en baisse de 43 $ par rapport à la clôture de vendredi, et l’argent à 36,48 $, en baisse de 1,65 $. Le ratio or/argent est revenu à 90.
Avant d’examiner l’évolution de l’or et de l’argent cette semaine, un commentaire s’impose sur le cuivre et les autres métaux de base. Le président Trump a renoncé aux droits de douane américains sur les importations de minerai, de concentrés et de cathodes de cuivre, mais maintient des droits de 50 % sur les importations de produits semi-finis tels que les fils et les tuyaux. En conséquence, les contrats à terme sur le cuivre ont chuté de 25 % cette semaine, entraînant tous les métaux négociés sous forme de papier, y compris l’argent. Le graphique du cuivre figure ci-dessous :

Dans une perspective de plus long terme, cet épisode n’a pas endommagé le marché haussier du cuivre, qui reste intact et qui, à tout le moins, reflète la baisse du pouvoir d’achat du dollar. Plus important encore, il témoigne des dégâts considérables que les droits de douane américains infligent à l’économie des États-Unis. Même Paul Krugman, lauréat du prix Nobel pour ses travaux sur la théorie du commerce, a déclaré : « Nous sommes face à un choc pour l’économie sept ou huit fois plus important que celui de Smoot-Hawley ».
Des droits de douane de 50 % demeurent sur l’acier et l’aluminium importés. Compte tenu du recul sur le cuivre, ils seront presque certainement les prochains. C’est dans ce contexte que la valeur du dollar devra désormais être appréciée. Et comme la valeur du dollar dépend du fait que les détenteurs étrangers possèdent plus de dollars et d’actifs financiers que l’ensemble du PIB américain, avec un excédent de plus de 30 %, ce n’est pas une question anodine. Même face à d’autres monnaies prises dans leurs propres pièges de la dette et dont la capacité à assurer le service de dettes nationales en plein gonflement diminue, le dollar baisse, mesuré par l’indice pondéré par les échanges commerciaux :

Le dollar a rebondi jusqu’à une zone d’offre située au-dessus, ce qui est un mouvement normal, mais les moyennes mobiles continuent d’indiquer clairement un marché baissier.
L’argument de Krugman sera sans nul doute mieux compris à l’avenir. Les dommages causés à l’économie américaine, et donc au dollar, ne sont pas encore reflétés dans les statistiques officielles, mais ils sont indubitablement immenses. Et ce sont ces dommages qui détermineront son taux de change futur, non seulement face aux autres monnaies, mais surtout face à l’or. Le graphique suivant montre une configuration de fanion très haussière pour l’or, qui mérite un examen attentif.

Le fanion est délimité par les lignes en pointillés. Sa partie supérieure plate laisse penser que la hausse qui suivra la cassure de ce niveau (3 440 $) correspondra au minimum projeté par cette configuration. Que l’or ait dépassé le bas de la configuration n’est pas inhabituel et, compte tenu des perturbations provoquées par le cuivre, ne suscite aucune inquiétude.
Une fois le niveau de 3 440 $ franchi, l’objectif minimum est déterminé par le mouvement qui a conduit à la configuration depuis la dernière consolidation significative, indiqué par une flèche. Ce mouvement représente 900 $, qui, ajoutés à 3 440 $, donnent un objectif minimum de 4 340 $, atteint en un temps similaire à celui du mouvement précédent, soit cinq mois, c’est-à-dire approximativement à la fin de l’année.
Ce scénario peut sembler fantaisiste, mais dans le contexte a) d’une économie américaine gravement fragilisée par la politique tarifaire ; b) d’une inflation tenace et croissante, alimentée par la baisse du pouvoir d’achat du dollar ; et c) de détenteurs étrangers qui vendent des dollars pour éviter des pertes croissantes, il est tout à fait possible.
Dans ce contexte, la réaction de l’argent offre une occasion providentielle à ceux qui souhaitent se couvrir contre ce scénario. Il ne fait guère de doute que la forte baisse de l’argent a été aggravée par son rôle de métal industriel aux côtés du cuivre, et que les ventes à découvert sur le papier tirent profit de la situation. Mais il s’agit d’une vision purement de court terme, qui malmène les traders spéculatifs.
Le graphique de l’argent montre un repli jusqu’à la moyenne mobile à 55 jours, où l’on peut s’attendre à ce qu’il trouve un soutien. Le voici :

À titre de conjecture, la spéculation se tournera vers les métaux précieux et les métaux de base dont les cours ont pu être soutenus par les droits de douane de Trump. Mais pour les accumulateurs d’or et surtout d’argent, c’est l’occasion d’échapper au chaos croissant qui gagne l’économie américaine et le dollar.