La chute des actions alimente la liquidation

Une crise mondiale des actions entraîne, à la marge, la liquidation de positions longues spéculatives sur les contrats à terme sur l’or et l’argent. Cela ressemble à une crise qui ne fait que commencer.

Un graphique linéaire

Description générée automatiquement

Après les baisses des cours de l’or et de l’argent durant la seconde moitié de la semaine dernière, cette semaine a débuté sur une note stable, avant de s’orienter à la baisse hier après-midi. Dans les premiers échanges matinaux à New York aujourd’hui (jeudi), l’or s’établissait à 2 358 $, en recul de 42 $ par rapport à vendredi dernier, et l’argent, à 27,80 $, perdait 1,40 $.

La raison de ce développement soudain n’a que peu à voir avec l’or et l’argent en soi mais tient à une panique grandissante sur les actions. Elle a toutefois fourni aux Swaps un prétexte pour faire baisser les cours, rendant sans valeur une multitude d’options d’achat. Alors que la bulle technologique américaine s’essoufflait, la déliquescence s’est installée au Japon, où le Nikkei a chuté de plus de 10 % depuis le 11 juillet. Dans le même temps, le yen s’est fortement redressé, ces deux mouvements apparaissant dans nos prochains graphiques.

Un graphique d’un indice boursier

Description générée automatiquement

Les institutions japonaises ont subi des pertes substantielles sur leurs portefeuilles nationaux, et la hausse du yen leur impose aussi des pertes sur leurs investissements à l’étranger. Il n’est guère surprenant qu’elles vendent dans la panique les actions japonaises comme les actions américaines.

Parmi les autres marchés sur lesquels les investisseurs japonais sont réputés être positionnés à l’achat figurent la France et l’Italie, dont les principaux indices ont également reculé, de 2 % et de 2,5 % respectivement ce matin.

Depuis le sommet des actions américaines la semaine dernière, l’indice S&P 500 a perdu près de 5 %, les grandes capitalisations étant particulièrement touchées. En conséquence, les fonds spéculatifs exposés à la hausse des valeurs technologiques ont été contraints de liquider leurs positions longues, et il s’agit souvent des mêmes acteurs que ceux de la catégorie Managed Money sur les contrats Comex de l’or et de l’argent.

Dès les premiers signes de tension, les acheteurs disparaissent et les banques de métaux précieux de la catégorie Swaps saisissent l’occasion de faire baisser les valeurs du marché papier. Dans le même temps, les acheteurs de métaux précieux pressentent que cette tension offrira une occasion d’acheter à des prix plus bas et, à la marge, retirent leurs offres. Mais lorsque les acheteurs reviendront, cela devrait propulser l’argent. Le ratio or/argent est monté à 85 du fait de la dépréciation de l’argent (car c’est bien de cela qu’il s’agit). C’est notre prochain graphique.

Un graphique montrant une courbe

Description générée automatiquement

On ne sait pas combien de temps durera la panique sur les actions ni quelle sera son ampleur. Mais, à titre de conjecture, il ne faudra pas longtemps avant que la spéculation grandissante ne porte sur une crise et sur la nécessité pour la Fed de réduire d’urgence les taux d’intérêt pour l’endiguer. À ce moment-là, les détenteurs étrangers de dollars deviendront probablement vendeurs de dollars de façon plus agressive, achetant peut-être d’autres grandes devises (y compris le yen en hausse), mais surtout de l’or, de l’argent et des métaux de base. 

Cela donne un sens à la politique de stockage de matières premières menée par la Chine. The Economist et d’autres médias ont récemment fait état d’achats de pétrole et de céréales excédant ses besoins de consommation, ainsi que de cuivre et d’autres métaux. Les explications spéculatives abondent, mais aucune n’a compris qu’il s’agit autant, voire davantage, de se défaire de dollars et d’euros que d’acquérir des matières premières.

À très court terme, les cours de l’or et de l’argent semblent devoir connaître une période volatile et difficile. Mais c’est peut-être la crise largement attendue. Si tel est le cas, elle n’a pas commencé par une panique bancaire ou une crise de la dette, mais par un bon vieux krach boursier. Le reste suit, et, en tant que valeurs refuges face à une grave crise du crédit, l’or et l’argent, monnaie sans risque de contrepartie, brilleront.

Retour aux analyses Goldmoney