L’analyse technique à elle seule laisse présager une progression rapide de l’or jusqu’à au moins 4 300 $ d’ici la fin de l’année. Il n’est pas étonnant que le platine, le cuivre, le palladium et l’argent devancent l’or.

L’or a poursuivi cette semaine sa phase de consolidation de trois mois, tandis que l’argent a fait mieux. Lors des échanges matinaux en Europe, l’or s’établissait à 3 348 $, inchangé par rapport à la clôture de vendredi dernier. L’argent cotait 38,85 $, en hausse de 70 cents sur la semaine. Notre graphique principal montre que l’argent devance désormais l’or depuis le début de l’année, avec une hausse de 35 % contre 28 % pour l’or.
Ce qui a pesé sur l’or depuis son sommet de mardi à 3 431 $ est l’expiration imminente du contrat d’août du Comex, la dernière négociation des options d’achat intervenant lundi prochain.
L’or semble approcher du sommet d’une formation en fanion, illustrée ci-après :

La forme de ce fanion est extrêmement haussière. Son sommet plat et sa base ascendante traduisent une forte tendance haussière fondamentale, qui se résoudra par le haut. En règle générale, un fanion est une pause dans une puissante orientation sous-jacente des prix avant sa reprise. Et lorsque le cours en sort par le haut (3 437 $), le mouvement qui suit est rapide.
Edwards et Magee (l’ouvrage de référence sur la théorie de Dow) décrivent le fanion en ces termes : « Ces jolies petites figures de consolidation sont à juste titre considérées comme l’une des formations graphiques les plus fiables, tant pour l’indication de la direction que pour celle de l’amplitude ». Et : « Ce sont des figures de mi-mât qui se forment ordinairement après un mouvement de prix assez régulier, rapide et abrupt ».
Sur la base de cette analyse, l’objectif de cours minimal pour l’or ressort à 4 340 $, et ce assez rapidement, en cinq mois environ, c’est-à-dire d’ici la fin de l’année, compte tenu de l’ampleur et de la durée du mouvement qui a mené au fanion depuis la mi-novembre 2024.
Pour le moins, les implications sont très intéressantes. Du point de vue du marché, si l’or se comporte comme l’indique l’une des « formations graphiques les plus fiables, tant pour l’indication de la direction que pour celle de l’amplitude », on se demande quelles seront les conséquences pour les autres métaux, précieux comme industriels. Observez ce graphique de Finviz ci-dessous :

Outre le fait que les prix des matières premières, mesurés en dollars en dépréciation, sont globalement orientés à la hausse, les plus fortes progressions concernent les métaux : platine, cuivre, palladium, argent et or. L’or est celui qui progresse le moins parmi ces métaux, avec seulement 23 % d’après les chiffres du graphique (en réalité 28 %, contre 35 % pour l’argent). Si l’or vise un minimum de 4 340 $ dans cinq mois, cela suggère que ces autres métaux sont eux aussi mal valorisés, peut-être plus encore au vu de la manière dont ils ont pris de l’avance.
La hausse du cuivre peut s’expliquer en partie par la politique tarifaire de Trump, qui relève pour l’instant de la menace plutôt que d’une issue effective. Mais une crise liée au papier, touchant un ou plusieurs de ces métaux en raison d’effets de levier sur dérivés confrontés à une pénurie de livraison, devient un danger réel. Cependant, parmi ces métaux, c’est l’argent qui doit retenir notre attention.
La performance de l’argent illustre un rattrapage après une sous-évaluation sévère qui, hormis quelques épisodes spéculatifs, dure depuis des décennies. Pendant une grande partie de cette période, alors que la demande d’argent pour le photovoltaïque et d’autres applications électriques et électroniques s’envolait, le prix est resté déprimé. Cette situation est en train de se corriger, et pour les investisseurs qui ont manqué l’histoire de l’or, c’est-à-dire presque tout le monde, l’argent est la voie évidente pour acquérir une exposition aux métaux monétaires.
Entre-temps, l’argent rattrape le temps perdu et sa tendance haussière semble irrésistible. Voici le graphique suivant :

Si l’on peut citer des statistiques et des récits sur l’offre et la demande, le facteur commun est la baisse du dollar, dont l’indice pondéré par les échanges continue d’indiquer une orientation à la baisse :

Cela s’accorde avec une hausse de l’or. Mais si l’or atteint les objectifs fondés sur les figures techniques, il est peu probable qu’il s’agisse seulement d’une crise du dollar. Il est temps de se préparer à la tempête !