Une échéance d’options sur le Comex aura lieu la semaine prochaine, et 240 000 contrats d’avril restent à vendre, à reporter ou à livrer. Mais, après cette perturbation, de puissants facteurs haussiers reviendront.
L’or a progressé cette semaine, tandis que l’argent a reculé. La différence tient sans doute au fait que l’or est thésaurisé par les banques centrales, ce qui n’est pas le cas de l’argent. Dans ce rapport de marché, nous examinons l’incidence de ce phénomène sur les deux métaux.

L’or a progressé cette semaine, tandis que l’argent a modérément reculé. Dans les échanges européens de ce matin, l’or s’établissait à 3 030 $, en hausse de 45 $, tandis que l’argent perdait 83 cents à 33 $. Les échanges sur le Comex sont restés modérés pour les deux métaux, bien que l’or ait atteint de nouveaux sommets à 3 057 $ hier matin (jeudi).
Les graphiques des prix et de l’intérêt ouvert permettent de situer l’évolution actuelle du marché dans son contexte.

L’or a vu son intérêt ouvert se redresser quelque peu, ce qui commence à soutenir l’évolution actuelle des cours. En revanche, l’argent, dont la position d’intérêt ouvert est relativement plus élevée, n’a pas encore remis en cause les sommets d’octobre dernier. Normalement, l’argent progresserait près de deux fois plus vite que l’or, mais, comme l’illustre le graphique principal, bien que l’argent ait été plus volatil que l’or, il ne fait qu’égaler sa performance depuis le début de l’année, ce qui laisse le ratio or/argent à un niveau élevé de 91,5.
L’argent exige une patience à toute épreuve. Mais si l’or poursuit sa tendance haussière, on peut s’attendre à ce que l’argent fasse mieux, avec un rattrapage rapide à effectuer. Tout semble dépendre de ce qui se passe sur l’or.
Un certain nombre de facteurs propres à l’or méritent d’être examinés tour à tour :
- Le transfert massif d’or physique vers les entrepôts du Comex vise à couvrir les engagements de livraison accumulés depuis la crise du Covid, qui se sont accélérés ces derniers mois pour atteindre un rythme annualisé d’environ 1 700 tonnes. La menace de droits de douane américains, qui renchériraient l’importation d’or destiné à couvrir ces engagements, a suffi à provoquer des achats de panique de contrats à terme du Comex par des banques de métaux précieux n’ayant pas encore honoré leurs livraisons.
- L’or atteignant de nouveaux sommets et s’étant révélé la classe d’actifs la plus performante du premier trimestre 2025, les gestionnaires d’investissements et d’autres acteurs commencent seulement à comprendre qu’ils devraient rééquilibrer leurs portefeuilles en vendant les titres aujourd’hui peu performants, tels que les valeurs technologiques et financières, pour se réinvestir dans l’or et les sociétés minières associées. Cette tendance devrait se renforcer au cours du reste de l’année.
- Bien qu’aucune preuve vérifiable n’existe, il est logique de supposer que les banques centrales se retirent des activités de prêt. Il n’est pas sensé pour ces institutions d’accumuler d’énormes quantités de métaux précieux, puis d’en perdre le contrôle en les prêtant. Le retrait actuel de métaux précieux prêtés du coffre de la Banque d’Angleterre, qui disparaissent sur les marchés pour ne jamais revenir, souligne ce point.
Le retrait de l’offre de métaux précieux, par le refus de reconduire les prêts existants, conduira sûrement à des difficultés importantes sur le marché. Le système des banques de métaux précieux s’est appuyé sur le prêt d’or pour faire fonctionner le marché, et ses maîtres de cérémonie, la BRI, la Fed de New York et la Banque d’Angleterre, sont à court de moyens pour persuader les banques centrales de continuer à prêter leurs réserves d’or.
En résumé, une tempête parfaite semble se préparer pour l’or, menaçant de bouleverser des hypothèses de longue date sur le marché papier. Mais, à très court terme, une échéance d’options aura lieu la semaine prochaine, et les vendeurs à découvert chercheront probablement activement à faire passer le cours sous 3 000 $ afin que 6 700 options d’achat du Comex expirent sans valeur.