L’or, l’ornement et la monnaie : telle fut la séquence des événements. L’homme a découvert l’or et l’a trouvé malléable, durable et attrayant. Il a d’abord servi à l’ornement ; puis, à mesure que l’économie sociale évoluait vers la division du travail, sa valeur ornementale et ses propriétés physiques en ont fait le support monétaire le plus durable. Aujourd’hui encore, les Asiatiques, qui représentent la majeure partie de la population mondiale, comprennent toujours ce lien entre l’or, l’ornement et la monnaie.
Goldmoney a récemment soutenu une nouvelle entreprise, Menē. Menē fabrique et vend des bijoux en or et en platine à des prix indexés sur la valeur de marché du métal physique, avec une option de rachat, elle aussi liée au prix du marché. L’objectif est de rétablir le lien entre l’usage des métaux précieux comme monnaie et comme moyen d’échange. (Veuillez vous reporter à la note d’information à la fin de cet article.)
Les Occidentaux des pays développés ont pour la plupart oublié ce lien, mais seulement à une époque relativement récente. Il ne s’agissait pas non plus d’un engouement passager du continent eurasiatique, où l’usage de l’or et de l’argent comme monnaie est aussi ancien que toute civilisation connue.
La durabilité de l’or est véritablement remarquable. Une visite du musée du Caire vaut la peine, ne serait-ce que pour voir des objets en or façonnés il y a plus de 3 000 ans, d’un éclat si frais qu’ils pourraient être sortis hier de l’atelier de l’orfèvre. Le masque funéraire de Toutânkhamon est tout simplement à couper le souffle.i

Les Égyptiens n’étaient pas les seuls. Le lien entre l’or et la valeur était manifeste dans l’art de presque toutes les civilisations européennes, dont beaucoup avaient peu de contacts les unes avec les autres. L’existence de pièces et d’objets en or et en argent issus de la Grèce, de Rome, et même des tribus celtes est bien connue. Le grand torque de Snettisham a été fabriqué il y a plus de 2 000 ans ; on peut le voir au British Museum, aussi éclatant que le jour où il fut forgé dans la Grande-Bretagne celte.ii

Mille ans plus tard, les Anglo-Saxons ont perpétué cette tradition, comme l’illustre le joyau d’Alfred, que l’on peut voir à l’Ashmolean Museum d’Oxford.iii

Enfin, le travail de l’or le plus exquis de ce millénaire est probablement celui de la maison de Carl Fabergé, il y a un peu plus de 100 ans.iv

Il est vrai qu’il n’existe pas de lien direct entre ces objets de valeur et l’or en tant que monnaie, mais cela tient à leur rareté et à leur considérable contenu artistique. En outre, il est arrivé que l’or monétaire soit mis à mal par la rognure des pièces, leur dépréciation volontaire ou l’émission de billets non couverts. Et après la révolution industrielle en Europe et en Amérique, la nouvelle classe moyenne a acheté des objets en or eux-mêmes dévalués. Les joailliers et autres fabricants ont maintenu leurs marges en proposant de l’or en 9 et 14 carats, le rendant ainsi abordable pour les nouvelles classes moyennes.
Les Asiatiques ne se sont pas laissé duper aussi facilement. Pour eux, le lien entre la monnaie et l’or est toujours resté intact. Aussi récemment que dans les années 1960, les thalers d’argent Marie-Thérèse circulaient comme monnaie au Moyen-Orient. L’or a toujours été de la monnaie dans toute l’Asie, et les tentatives des gouvernements d’imposer des monnaies fiduciaires à leurs peuples n’ont jamais eu raison du lien entre l’or, la parure et la monnaie.
Aujourd’hui encore, les espèces servent à régler les transactions quotidiennes, et l’or constitue la monnaie qui conserve sa valeur. Dans un pays où la monnaie se déprécie rapidement et où un grand nombre de personnes n’ont pas de compte bancaire, l’or est nécessaire pour financer ce que nous qualifierions de projets d’investissement. En Indonésie, il existe un réseau dynamique de monts-de-piété, qui acceptent l’or en garantie pour de petites entreprises, dont beaucoup n’ont pas accès aux services bancaires.
Pour les Asiatiques, l’accumulation de bijoux en or constitue le cœur de l’épargne familiale. En Inde, le prix de l’or est passé de 170 roupies en 1969 à 82 500 aujourd’hui. Aucune autre réserve de valeur n’a protégé aussi efficacement le patrimoine des familles. On y ajoute de l’or lors des fêtes, des mariages et des naissances. Fait intéressant, cela signifie que les femmes exercent un degré élevé de contrôle sur l’épargne de leur famille. Mais là encore, comme en Indonésie, l’or est utilisé en Inde comme garantie pour obtenir ce dont une famille a besoin : fonds de roulement pour les agriculteurs qui achètent des semences, ou pour les commerçants qui développent leur activité.
Le lien étroit entre bijoux et monnaie est favorisé par le maintien du coût de fabrication des articles en or pur au niveau le plus bas possible. Les marges considérables pratiquées par les marques de luxe occidentales n’ont pas leur place en Inde. La pratique consistant à réduire la teneur en or à 14, voire 9 carats, altère également cette relation et fait souvent passer l’or du statut de métal précieux non taxé à celui de bien de luxe taxé.
Pourtant, ce désir humain de pouvoir utiliser l’or à la fois comme monnaie et comme parure, ainsi que toute l’histoire l’a montré, est en chacun de nous. Pour le raviver, Goldmoney a contribué de manière déterminante à la création d’une nouvelle société, Menē. Selon le site web de Menē, Menē est un ancien mot araméen désignant une quantité d’or que l’on croit équivalente à 567 grammes d’or pur, et « est le premier mot écrit pour désigner la monnaie dans les codes d’Hammurabi et d’Ur-Nammu, il y a environ 4 000 ans ».
Le lien entre la longue histoire de l’or, l’Homme et la joaillerie moderne, associée à la valeur monétaire de l’or, est délibéré. Mais au-delà de ce lien avec la longue histoire de l’or, les créations de Menē sont contemporaines. L’une des deux cofondatrices est Diana Picasso, petite-fille de Pablo, qui est Directrice artistique. Diana est une historienne de l’art reconnue, spécialisée dans l’art moderne et la sculpture. Le Directeur du design est Sunjoo Moon, qui possède une longue expérience de designer formé en Europe et ayant travaillé pour des marques de luxe renommées.
Menē promet de relier à nouveau l’or, la parure et la monnaie grâce à des standards de design modernes, habituellement réservés aux marques de luxe, mais sans marges considérables. En redonnant à l’or et au platine portables leur statut de véritables réserves de valeur, Goldmoney estime que les particuliers seront encouragés à redécouvrir le lien entre l’or, la parure et la monnaie.
Rendez-vous sur www.mene.com
iPhoto du masque funéraire de Toutankhamon par Carsten Frenzl : https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=33344968
ii https://commons.wikimedia.org/wiki/File%3ABritishmuseumsnettishamgreattorc.jpg
iii Par Mkooiman - Travail personnel. Précédemment publié : https://www.flickr.com/photos/mkooiman/21117808451/in/photolist-yb7hHH" , CC BY-SA 4.0,
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