L’or et l’argent malmenés

L’argent atteint de nouveaux plus bas de l’année, tandis que l’or menace de suivre. Malgré la détérioration de l’économie et de l’endettement, qui conduit à une crise mondiale, les métaux précieux restent le jouet des traders de papier.

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À regarder le graphique ci-dessus, qui montre le recul de l’or et de l’argent au cours de 2026, on ne dirait pas que le monde court à sa perte. Au contraire, les cours de l’or et de l’argent reflètent une baisse du risque, au mépris des faits. À l’heure actuelle, c’est une pause dans la hausse des rendements obligataires, qui atténue la peur, alors que les cours du pétrole progressent modérément, qui offre aux vendeurs à découvert l’occasion de faire plier les cours des métaux précieux.

Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans a reculé, dans ce qui ressemble à une correction normale, encouragé par un léger rééquilibrage des portefeuilles en provenance des actions, qui peinent visiblement :

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Cela donne l’illusion d’un retour de la stabilité sur les marchés obligataires, et, à l’exception des OAT françaises, dont les rendements ont continué de monter, tous les autres rendements obligataires du G7 se sont également détendus. 

Le soutien occidental à l’Ukraine s’étiole, après les tentatives américaines de pousser Zelensky à admettre la défaite. On évoque désormais une rencontre à trois lors du sommet de l’APEC, en Chine, à la mi-novembre, où des progrès pourraient être réalisés sur la crise du golfe Persique ainsi que sur le dépeçage de l’Ukraine. La peur recule, de même que les négociateurs d’or et d’argent.

Du moins, c’est ce que les banques de métaux précieux voudraient vous faire croire. Elles tirent leurs profits de leurs opérations en prenant le contre-pied de la cupidité et de la peur du public. Aujourd’hui, c’est la crainte que la partie soit terminée pour l’or et l’argent, ce qui permet aux teneurs de marché de devenir acheteurs nets de papier à Londres et à New York. Ensuite, après avoir évincé les « novices », ils peuvent profiter de la hausse suivante avec leurs positions longues, transformant les investisseurs en acheteurs au sommet du marché. Et ainsi de suite.

Tel est le jeu depuis le milieu des années 1980, et il a été immensément profitable pour les banques de métaux précieux. C’est pourquoi, chez MacleodFinance, nous dissuadons nos abonnés d’adopter une mentalité de trading : ne soyez pas de la chair à canon pour un coup monté de l’establishment.

Deux autres problèmes restent à surmonter : l’analyse macroéconomique, qui oriente les marchés, et la propagande gouvernementale sur la véritable situation au Moyen-Orient. Un consensus macroéconomique pilote les marchés jusqu’à ce qu’il échoue, ce qui arrive périodiquement. La propagande gouvernementale est un adversaire plus insidieux, car elle est largement crue. Quelle que soit l’actualité du jour, la seule façon de protéger son patrimoine en ces temps très difficiles est d’accumuler, en considérant les baisses comme une occasion de thésauriser davantage d’or et d’argent. Un bon exemple de situation comparable à celle d’aujourd’hui est celui de 1973-1974, lorsque l’OPEP a relevé deux fois ses prix de référence :

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La première hausse du prix de l’OPEP a vu l’or continuer de reculer jusqu’à 90 $. Puis, avant la seconde hausse, qui était attendue, l’or a commencé à remonter et, lorsque le prix de référence a plus que doublé, l’or avait doublé depuis son point bas de décembre, début avril.

La situation mondiale était alors bien plus saine, avec une dette moyenne du G7 de seulement 27 % du PIB, contre 125 % aujourd’hui. Alors pourquoi l’or et l’argent stagnent-ils aujourd’hui, alors que la situation est manifestement pire ? En un mot : la complaisance.

Complaisance à l’égard des conséquences inflationnistes, des rendements obligataires et des pièges de la dette. Complaisance quant aux conséquences pour des marchés qui profitent d’une bulle de crédit. Complaisance quant aux conséquences pour les industriels et les entreprises zombies endettées. Et refus de poser la question : comment diable sortir de cette mère de toutes les crises ?

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