L’or atteint des records et l’argent se réveille

Les marchés des métaux précieux s’appuient sur de nouveaux signes d’une demande croissante des investisseurs européens au niveau des particuliers, tandis que les livraisons du Comex se poursuivent à un rythme élevé. 

Un graphique linéaire

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La semaine a été marquée par de nouveaux sommets pour l’or, et l’argent semble être sorti de sa torpeur seulement ce matin. Lors des échanges matinaux en Europe, l’or s’établissait à 2 938 $, en hausse de 98 $ par rapport à vendredi dernier, et l’argent à 33,30 $, en hausse de 1,55 $, l’essentiel de cette progression ayant eu lieu aujourd’hui. Selon les analystes, la hausse de l’argent s’explique par la forte demande chinoise de photovoltaïque, par l’engagement de l’Inde d’investir mille milliards de roupies supplémentaires dans le photovoltaïque d’ici 2030, et par la promesse de l’Indonésie d’ajouter 17 gigawatts d’énergie solaire par l’intermédiaire d’entreprises publiques.

Plus important encore, l’argent a franchi un niveau graphique crucial à 32,50 $ :

Un graphique d’un marché boursier

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Non seulement nous avons la confirmation que le solide support à 29 $ offre une base de lancement pour la prochaine phase haussière et que les moyennes mobiles sont orientées à la hausse, mais l’argent a également franchi ce matin une offre mineure au niveau de 32,50 $ (la ligne pointillée la plus petite). La prochaine zone d’offre à surmonter se situe à 35 $, puis 40 $ est en vue, probablement assez rapidement.

Le graphique de l’or est une illustration classique d’une phase d’accélération en marché haussier :

Un graphique de prix

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Il est clair que l’or a montré la voie à l’argent et a largement contribué à le tirer de sa léthargie. Son élan est impressionnant et pourrait le conduire en zone de forte surchauffe, mais il en est encore loin. À titre d’indication, l’intérêt ouvert du Comex s’élève à 534 126 contrats selon les chiffres préliminaires d’hier, et le graphique suivant montre qu’il reste largement la place d’accueillir davantage d’achats de contrats à terme :

Un graphique montrant le prix de l’or

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Alors, qu’est-ce qui motive tout cela ?

Premièrement, les demandes de livraison se poursuivent à un rythme croissant. Au cours des cinq dernières séances, 8,1 tonnes d’or et 209,2 tonnes d’argent supplémentaires ont fait l’objet d’une demande de livraison, ce qui porte le total depuis le début de l’année à 262,3 tonnes d’or et 853 tonnes d’argent. En rythme annualisé pour 2025, cela représente 2 186 tonnes d’or et 7 108 tonnes d’argent.

Il n’est pas étonnant que les tensions sur le Comex soient visibles.

Tout cela a nourri de folles rumeurs sur la manière dont Trump et Bessent comptent réévaluer l’or dans les comptes du Trésor et régulariser le bilan de la Fed. Cela réduirait supposément la dette du Trésor (?) et ferait partie d’un fonds souverain national ou d’un nouveau bilan national incluant les biens immobiliers publics au rang d’actifs.

Je suggère que, plutôt que de se livrer à des spéculations mal informées, il vaut mieux attendre de voir ce qui se passera. 

Plus important encore, deux de mes sources européennes sur le marché de détail m’indiquent que la demande du public allemand pour les petits lingots est forte et croissante, et j’ai reçu un message similaire des Pays-Bas. Fait intéressant, cela ne se reflète pas encore dans les statistiques du World Gold Council sur les ETF. Cela ne semble pas non plus se refléter sur le marché de détail britannique.

L’Allemagne mérite l’attention. De nouvelles élections auront lieu la semaine prochaine, et l’AfD, classée à droite (en réalité libertarienne), pourrait arriver en tête. Elle a eu raison au sujet de l’Ukraine, comme le prouve cette semaine même la détente de Trump avec la Russie ; un épisode migratoire horrible s’est produit à Munich, et il est raisonnable de penser que les sondeurs sous-estiment le soutien à l’AfD. Tout cela alimente une inquiétude générale qui pousse à acheter de l’or.

Il est indéniable que les investisseurs ordinaires en Europe et ailleurs dans le monde occidental reconnaissent de plus en plus qu’ils sont sous-pondérés en or dans leur allocation d’actifs et qu’ils ne peuvent plus ignorer le marché haussier de l’or. De plus, ce sentiment est susceptible de se propager à l’ensemble du secteur de la gestion d’actifs.

C’est précisément le sentiment que reflète le graphique technique de l’or. Il nous indique aussi que cette progression pourrait porter l’or bien au-delà de 3 000 $, mais qu’une consolidation sera ensuite nécessaire : si l’enthousiasme du public peut être une force de marché considérable, lorsqu’il se généralise, il est un indicateur fiable d’une situation de surachat imminente. En attendant, les opérateurs positionnés à la hausse peuvent profiter de la progression.

Autre nouvelle de ces derniers jours : les autorités chinoises autorisent désormais certaines compagnies d’assurance à allouer 1 % de leurs actifs à l’or. Cela représente environ 240 tonnes aux valeurs actuelles. On peut penser que les autorités ont subi une pression importante de la part des compagnies d’assurance, dont les primes investies en dette libellée en yuan rapportent très peu. Mais les régulateurs savent tout aussi bien que, dans les conditions actuelles, la demande des fonds d’assurance est bien plus élevée et pourrait submerger les marchés chinois du métal précieux.

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