L’héritage de Bezmenov

L’effondrement de la morale occidentale et le déni des faits les plus évidents seraient-ils le résultat d’un complot du KGB ? Youri Alexandrovitch Bezmenov a expliqué que celui-ci avait bel et bien été planifié par le KGB.

En 1984, Youri Alexandrovitch Bezmenov, transfuge du KGB, a décrit la subversion idéologique, ou les quatre étapes du lavage de cerveau de masse employées par le KGB pour saper la société américaine. L’objectif était de modifier la perception de la réalité à un point tel que plus personne ne soit en mesure de tirer des conclusions raisonnables pour défendre ses intérêts, sa famille, son pays et son rôle dans la société. 

Nous ne pouvons savoir dans quelle mesure ces plans du KGB ont été menés à bien, mais, jusqu’à présent, le résultat ressemble de très près à la description de Bezmenov, à un degré qui l’a lui-même surpris lorsqu’il a fait défection. 

La première étape est la démoralisation, qui dure de dix à quinze ans. Par ce terme, il entendait la destruction de la morale judéo-chrétienne et capitaliste de l’Amérique. À l’époque de son entretien, les étudiants contestataires de l’Amérique des années 1960 devenaient des capitaines d’industrie et gravissaient les échelons de la vie politique, dans les deux grands partis. 

De même, les étudiants violents de la Sorbonne, les manifestations universitaires japonaises, les sit-in étudiants au Royaume-Uni, puis la Fraction Armée rouge en Allemagne relevaient tous de la même période, et leurs participants ont, de la même manière, été promus au fil du temps à des postes de haut niveau dans leurs pays respectifs, comme hommes d’affaires, responsables politiques et leaders d’opinion. Nous avons attribué ces coïncidences à une sorte d’éveil étudiant né du mécontentement à l’égard des classes dirigeantes : mais et si Bezmenov avait raison, et qu’ils avaient été provoqués par le KGB dans le cadre d’un plan soigneusement orchestré ?

Nous en sommes aujourd’hui à une deuxième génération de ces dirigeants, présidents et premiers ministres, qui ont entre quarante et cinquante ans. Une version abrégée de l’entretien, comprenant l’extrait pertinent, est disponible ici : https://www.youtube.com/watch?v=bX3EZCVj2XA

Ce que l’on n’avait pas prévu, c’était l’effondrement du régime soviétique lui-même, quelques années seulement après l’entretien de Bezmenov avec G. Edward Griffin. C’est l’Union soviétique qui a été victime de la réalité économique : l’impossibilité du calcul économique sous un régime socialiste. Mais Bezmenov était catégorique : la première étape, celle de la démoralisation, était déjà achevée au moment de sa défection.

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