S’il est élu président, Donald Trump promet d’inverser la politique américaine de retrait des affaires étrangères et d’abandonner le programme climatique de Biden. Il faut s’attendre à ce que l’« État profond » fasse tout ce qui est en son pouvoir pour l’en empêcher.
Introduction
L’Amérique profonde n’a jamais adhéré aux politiques de Biden. Le coût humain et financier de sa tentative de vaincre la Russie en Ukraine lui paraît insensé. La plupart de ces Américains n’ont même pas de passeport et n’ont jamais quitté le pays. L’Amérique est leur monde : pourquoi s’impliquer au-delà ? Pourquoi accumuler une dette colossale, alors que cet argent serait mieux employé à rénover les infrastructures vacillantes des États-Unis ?
Vient ensuite la question du changement climatique et de la décarbonation. L’Amérique s’est construite sur le pétrole, et l’engagement de Biden de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2030, tout en laissant dans le sol d’abondantes ressources pétrolières américaines, n’a aucun sens pour les « deplorables » de Hillary Clinton. Habilement, Trump affirme qu’il lèvera les interdictions de la fracturation hydraulique imposées par Biden et fera baisser les prix du pétrole grâce à cette offre supplémentaire, ce qui réduirait l’inflation et permettrait une baisse des taux d’intérêt. C’est peut-être simpliste, mais l’attrait électoral est évident.
À cet égard, la désignation de Kamala Harris comme successeur de Biden à la tête du Parti démocrate a probablement accru la probabilité que les États clés basculent du côté républicain, malgré les allégations de fraude électorale. Harris est de gauche, « woke », et promotrice des identités de genre et raciales. Ses tentatives de conquérir le centre ne seront pas crédibles. Le choix des électeurs sera simple : souhaitent-ils davantage de « wokisme » et des impôts plus élevés, ou préfèrent-ils s’en éloigner ?
La désignation de Harris a presque certainement amélioré les chances de Trump de remporter la présidence, au grand désarroi de l’establishment permanent.
La politique étrangère de Trump inquiète Washington et Langley. Ces bureaucraties bien ancrées poursuivent de longue date un objectif : contrôler le monde dans l’intérêt des États-Unis. Elles y sont parvenues sous Reagan avec la « guerre des étoiles », qui a mis fin à l’Union soviétique et ouvert la porte au capitalisme, tandis que la mort de Mao a conduit à une conversion plus spectaculaire encore en Chine. Mais, inévitablement, une Chine et une Russie réformées finiraient par défier l’hégémonie américaine.
L’État profond n’a pas su accepter cette réalité. L’ensemble de l’industrie de l’armement, le département de la Défense, le système monétaire fondé sur le dollar et les intérêts commerciaux mondiaux des États-Unis dépendent tous du maintien de la puissance militaire et financière de l’Amérique sur le reste du monde. Mais en cherchant à la perpétuer, l’Amérique a commis de nombreuses erreurs stratégiques en luttant contre la réalité.
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