Il est temps de regarder à plus long terme

 

Graphique

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Cette semaine, l'or et l'argent ont consolidé les baisses de la semaine précédente : ce matin, lors des échanges en Europe, l'or s'échangeait à 1 747 $, soit un niveau inchangé par rapport à la clôture de vendredi dernier. L'argent s'établissait à 19,17 $, en hausse de 15 cents. Les transactions sur l'or au Comex ont été peu nourries, mais celles sur l'argent ont été un peu plus soutenues.

Les cours des deux métaux semblent en suspens. Il est certain que l'activité des marchés financiers en général paraît refléter cette lassitude.

Peu de gestionnaires d'actifs semblent désireux d'aborder sérieusement la question de l'inflation. Outre une ignorance générale de ce qui fait augmenter les prix à la consommation (révélation : ce n'est ni le président Poutine ni les perturbations des chaînes d'approvisionnement, mais la production de crédit destinée à tout financer), il semble exister un vain espoir que la récession qui se profile rendra inutiles des hausses durables des taux d'intérêt. 

Au Royaume-Uni, par exemple, il a été annoncé que l'indice des prix à la consommation de juillet avait progressé de 10,1 %, et Citi Bank prévoit qu'il atteindra 18,6 % en janvier. Parallèlement, les marchés n'anticipent qu'une hausse du taux directeur de la Banque d'Angleterre à 4 % l'an prochain. Il existe ici un grave décalage avec la réalité, et il ne se limite pas au Royaume-Uni.

Plus tard dans la journée (10 h 00, heure de la côte Est), Jay Powell doit prendre la parole lors de la conférence annuelle de Jackson Hole. Même si les marchés s'attendent à un discours restrictif (nous ne savons pas à l'avance ce qu'il dira), il tergiversera presque certainement sur cette question, en laissant espérer que les hausses de taux n'auront pas à être assez importantes pour résoudre le problème de l'inflation, car il s'attend à ce que celle-ci revienne d'elle-même à l'objectif de 2 %.

Replaçons cela dans son contexte. Notre prochain graphique présente le rendement de l'obligation du Trésor américain à 10 ans.

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Avec une hausse officielle de l'IPC de 10,1 %, le rendement de cette obligation de référence, à seulement 3,08 % ce matin, est beaucoup trop bas, à moins que la hausse de l'IPC ne soit temporaire. Mais, presque sans que l'on s'en aperçoive, le rendement a recommencé à monter au-dessus des deux moyennes mobiles, ce qui laisse penser qu'il pourrait être à la veille d'une hausse significative.

Dans ce cas, et si le rendement dépasse le niveau de 3,5 % observé à la mi-juin, nous pouvons nous attendre à un recul des marchés actions et à une hausse encore plus marquée de l'indice du dollar pondéré par les échanges commerciaux. C'est le sujet suivant.

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L'indice pondéré par les échanges n'est pas le reflet de la vigueur du dollar, mais de la faiblesse des autres monnaies fiduciaires. Elles chutent simplement plus vite que le dollar. Observez notre prochain graphique, qui exprime les prix en monnaie réelle, c'est-à-dire en or :

Graphique, graphique linéaire

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Les gestionnaires de fonds s'accordent largement à penser que l'inflation va disparaître et que, si de nouvelles hausses des taux d'intérêt sont à prévoir, elles seront limitées. Mais notre prochain graphique, qui présente le rendement des obligations à long terme sur une échelle logarithmique, montre clairement que la tendance baissière a été rompue et que la correction récente n'a fait que la retester, trouvant un soutien à ce niveau. Les flèches illustrent à quel point la tendance baissière de quarante ans était bien établie, jusqu'à présent. 

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Le seul véritable problème pour le cours de l'or est de surmonter la croyance erronée selon laquelle la hausse des taux d'intérêt lui serait défavorable.

 

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