Consolidation après les récentes hausses

Une consolidation de l’or et de l’argent paraît opportune, compte tenu de leur performance récente sans précédent. Mais est-il judicieux de sécuriser une partie des profits ?

Un graphique linéaire

Description générée automatiquement avec un niveau de confiance moyen

Cette semaine, dans le contexte du sommet des BRICS à Kazan, l’or et l’argent ont marqué une pause, consolidant leurs récentes progressions spectaculaires. Lors des échanges européens ce matin, l’once d’or au comptant s’établissait à 2 720 $, inchangée par rapport à la clôture de vendredi dernier, et l’argent à 33,25 $, en repli de 40 cents sur la même période. Les volumes du Comex étaient soutenus, en ligne avec les échanges observés dans un marché haussier.

Les traders sécuriseront sans nul doute une partie de leurs profits, car ils comptabilisent en monnaie fiduciaire, et non en or. Mais cela a-t-il un sens pour des investisseurs qui se couvrent contre le risque lié aux monnaies fiduciaires ? 

Les deux graphiques techniques suivants concernent respectivement l’or et l’argent, afin de donner une idée de l’étape à laquelle nous pourrions nous trouver dans ce mouvement haussier. Commençons par l’or.

Un graphique de prix

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L’or est manifestement en phase d’emballement, le cours étant poursuivi à la hausse par la moyenne mobile à 55 jours. Le rythme de progression sur 12 mois s’accélère lui aussi. Il est clair qu’une consolidation plus marquée, peut-être un retour vers la moyenne mobile à 55 jours, actuellement à 2 578, serait saine et offrirait une base pour de nouvelles hausses. À l’inverse, le mouvement actuel pourrait être décrit comme une réévaluation de la relation or/dollar, qui aurait encore du chemin à parcourir. Dans les deux cas, les traders à court terme pourraient prendre leurs profits, mais les investisseurs plus engagés resteront probablement positionnés.

Passons à l’argent, qui, après avoir longtemps accusé un retard sur l’or, semble le rattraper.

Un graphique représentant un marché boursier

Description générée automatiquement

Dans ce cas, la consolidation de l’argent a été exemplaire et elle est désormais terminée. Après avoir franchi à la hausse ses précédents sommets de 2020/2021, il est revenu tester le support (la ligne en pointillés, qui a tenu). Cela a coïncidé avec la moyenne mobile à 55 jours. L’argent a ensuite entamé sa nouvelle phase haussière, qui semble de nature à propulser le cours nettement plus haut. Un très bel exemple d’école.

Qu’est-ce qui motive tout cela ? Pour répondre à cette question, il convient d’inverser le graphique du cours de l’or afin d’observer la baisse du dollar par rapport à l’or : le premier étant une monnaie fiduciaire déconnectée de toute valeur intrinsèque, le second une monnaie internationale et légale, intrinsèquement stable.

Un graphique montrant une courbe

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Particulièrement depuis 2000, le déclin du dollar s’est déroulé par phases successives qui se sont accélérées. Il est cohérent avec une perte de confiance croissante dans la crédibilité du dollar, parallèle à une prise de conscience grandissante de la dégradation des finances du gouvernement américain, qui conduit à un piège de la dette. Confirmant cette analyse, on constate une hausse des rendements obligataires le long de la courbe des taux, alors même que l’on s’attend toujours à une baisse des taux d’intérêt et, par conséquent, des rendements obligataires.

Un graphique d’un diagramme

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Il est peut-être trop tôt pour l’affirmer, mais le rendement semble avoir atteint son point bas et amorcer un retournement à la hausse. Si tel est le cas, non seulement les cours obligataires reculeront sensiblement, mais cette évolution inattendue pourrait également provoquer un effondrement des marchés actions. Sachant que les avoirs étrangers en dollars totalisent environ 32 000 milliards de dollars, investis en grande majorité en obligations et en actions, on mesure à quel point la confiance étrangère dans le dollar est mise à rude épreuve.

Il s’agit d’un phénomène déjà en cours, comme le montre le rythme de la baisse du dollar face à l’or (l’avant-dernier graphique ci-dessus). La forte hausse de l’or ces dernières semaines coïncide avec le passage de Trump en tête des cotes des paris pour la prochaine élection présidentielle. La victoire de l’un ou l’autre candidat le 5 novembre n’est pas optimale pour le dollar, mais Trump a promis des droits de douane plus élevés (donc des prix à la consommation plus élevés), des baisses d’impôts (donc des déficits budgétaires plus importants) et des taux d’intérêt plus bas (ce qui ne relève pas de sa décision). Ce sont précisément les politiques susceptibles de dissuader les acheteurs étrangers et d’entraîner de nouvelles baisses du dollar. À titre indicatif, Trump est coté 33/50 en sa faveur, tandis que Harris est à 6/4 contre.

Une consolidation à court terme, peut-être ; mais se replier sur une monnaie fiduciaire défaillante pour sécuriser quelques profits à court terme relève de la folie.

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