Chute de l’or : évitez le piège baissier

Le cours de l’or a connu une forte correction ces deux derniers jours de négociation, franchissant à la baisse la zone de support solide de 1 550-1 525 $ l’once et se dirigeant tout droit vers le prochain support technique important, à 1 300 $.

Le déclencheur immédiat semble avoir été la thèse selon laquelle Chypre serait contrainte de vendre une grande partie de ses réserves d’or officielles dans le cadre du plan de sauvetage. Avec moins de 14 tonnes, ce n’était toutefois guère un événement susceptible de faire bouger le marché ; en revanche, l’idée que de futurs plans de sauvetage dans l’UE pourraient comporter des conditions similaires s’est répandue, et des pays comme le Portugal et l’Espagne disposent encore de réserves importantes. Avec 2 452 tonnes d’or, les réserves de l’Italie ne sont devancées que par celles de l’Allemagne, et la situation politique italienne ainsi que son déclin économique sont assez incertains pour que les rumeurs selon lesquelles cet or pourrait être mis en jeu aient paru à tout le moins plausibles.

Toutes ces rumeurs, associées aux recommandations de vente de grandes maisons de courtage, à une configuration technique fragile et à d’importantes liquidations sur le Comex (plus d’un million de contrats, soit plus de 500 tonnes), ont conduit à la correction actuelle, la plus forte depuis la panique de 2008. Des chiffres économiques décevants en provenance de Chine ont peut-être également joué un rôle.

Les habitués sont tous pressés de danser sur la tombe de l’or. Tous les analystes qui qualifient l’or de bulle depuis qu’il valait 300 $ l’once se sentent une nouvelle fois confortés.

Certains haussiers de l’or méritent des éloges particuliers pour leur prévision très juste. Que ce soit grâce à leur excellente lecture des graphiques techniques ou simplement à des années d’expérience de la négociation, Marc Faber et Jim Rogers ont tous deux mis en garde, ces derniers mois, contre une possible correction de l’or. Le 2 avril, Marc Faber a averti : « nous avons connu un pic intermédiaire sur l’or... la période de correction n’est pas encore terminée ». Le 4 avril, Jim Rogers a été encore plus direct : « Je m’attends à une baisse du prix et, lorsque cela se produira, j’en achèterai davantage ».

Ces deux investisseurs légendaires restent extrêmement optimistes sur l’or à long terme, car ils comprennent les fondamentaux de l’or ainsi que les excès de politique monétaire et d’endettement que les banques centrales du monde entier commettent.

Les corrections sont normales dans tout marché haussier et ne doivent pas effrayer l’investisseur patient qui accumule. Ce marché haussier de l’or prendra fin un jour, comme le précédent en 1980-1981, mais cela n’arrivera pas tant que les banques centrales n’auront pas relevé leurs taux d’intérêt aussi drastiquement que Paul Volcker entre 1979 et 1981. La Réserve fédérale de Ben Bernanke, « Helicopter Ben », envisage-t-elle seulement de mettre fin à sa politique de taux négatifs ?

Il s’agit d’un piège baissier classique, qui prépare la prochaine phase du marché haussier de l’or.

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